Brésil 2014: "la fierté l'emporte sur la déception", selon Ottmar Hitzfeld

Les trois dernières minutes de sa carrière d'entraîneur expliquent pourquoi, dit-il, on aime tant le football. "Seul le foot peut procurer de telles émotions", lâche Ottmar Hitzfeld.

02 juil. 2014, 07:18
Ottmar Hitzfeld lors du match Suisse-Argentine à Sao Paulo.

"Nous prenons ce but à la 118e sur une rupture. L'équipe, à l'image de Diego Benaglio qui est monté à l'abordage, a ensuite jeté ses dernières forces. Et il y a eu ce centre de Shaqiri pour Dzemaili..."

Après le coup de sifflet final, Ottmar Hitzfeld a rejoint ses joueurs sur la pelouse. "Je me suis revu à Barcelone en 1999 après la défaite avec le Bayern contre Manchester United dans des circonstances un peu analogues. L'entraîneur se doit, dans ces instants, d'aller vers les joueurs. Je voulais en premier lieu les remercier, poursuit-il. Ils ont livré le match que j'espérais. Ils l'ont joué avec passion. Mais ils ont su également témoigner du calme voulu. Ils savaient que la sensation était possible cet après-midi. Au final, la fierté l'emporte sur la déception. Je crois que l'équipe de Suisse a gagné beaucoup de sympathie dans le monde entier avec ce huitième de finale".

"Nous aurions dû ouvrir le score en première période. Face à l'Argentine, il n'y avait pas d'autre alternative sur le plan tactique. Nous devions tout d'abord bien défendre. La seule fois où nous avons laissé des espaces, l'Argentine a marqué... Si nous avions ouvert le jeu, je suis convaincu que nous aurions connu la même mésaventure que devant la France. Sur le plan défensif, nous avons bien défendu non seulement sur Messi mais également sur les autres Argentins. Mais on a vu aujourd'hui que Messi est capable, en l'espace d'une fraction de seconde, de faire basculer un match. Son ouverture sur Di Maria fut parfaite. Mais le tir de Di Maria aussi. Il le fallait pour battre Benaglio dans ce match".

Ottmar Hitzfeld, qui avait demandé que le décès de son frère la nuit précédente ne soit pas évoqué, a confirmé que sa retraite était irrévocable. Son soixante-et-unième match à la tête de l'équipe de Suisse aura bien été le dernier. "Je peux être fier de ma carrière d'entraîneur. J'ai eu la chance, il est vrai, d'entraîneur de grandes équipes". Malgré tout, les trois dernières minutes de cette carrière, aussi folles fussent-elles, lui laisseront des regrets éternels.

Une "souffrance" pour Messi

Elu comme lors des trois précédentes rencontres de l'Argentin "homme du match", Lionel Messi l'avoue sans détour: ce match contre la Suisse fut une souffrance.

"Cela fut difficile. Mais nous le savions avant le coup d'envoi, lâche le capitaine argentin. Nous voulions absolument forcer la décision avant les tirs au but. Plus les minutes passaient, plus la nervosité nous gagnait. Mais il faut sans doute passer par ces moments-là dans une Coupe du monde. A la fin, la chance fut de notre côté".

Lionel Messi est revenu sur l'action décisive de la 118e minute. "Mon idée première était d'y aller tout seul, avoue-t-il. Mais j'ai vu Di Maria démarqué sur ma droite. J'ai changé d'avis. Ce huitième de finale a rappelé qu'aucune équipe ne doit être sous-estimée dans une Coupe du monde. Il est normal de souffrir".