L'entrepreneur Andy Rihs, mécène de Young Boys et de l'équipe cycliste BMC, est décédé

Andy Rihs est mort à l'âge de 75 ans. L'entrepreneur, actif dans les appareils auditifs, était très impliqué dans le sport professionnel suisse. Il était notamment le mécène des Young Boys et propriétaire de l'équipe cycliste BMC.

19 avr. 2018, 09:16
Andy Rihs a toujours investi dans le sport suisse de haut niveau.

Le cofondateur du fabricant d'appareils auditifs Sonova, Andy Rihs, est décédé à l'âge de 75 ans. Andy Rihs souffrait d'une maladie grave. Le club de football bernois BSC Young Boys pleure son propriétaire.

"BSC Young Boys a le douloureux devoir de faire part du décès de leur actionnaire et membre du conseil d'administration Andy Rihs", a indiqué jeudi le club de football dans un communiqué. Andy Rihs est décédé d'une maladie, qu'il a affrontée avec courage et patience, mercredi soir dans une clinique de Zurich en présence de sa famille.

Andy Rihs "était non seulement le propriétaire et actionnaire du BSC Young Boys et du Stade de Suisse Wankdorf mais aussi un ami, un amoureux de la vie qui partageait volontiers ses passions", ajoute le club de football.

Ce dernier remercie d'ailleurs chaleureusement Andy Rihs et son frère Hans-Ueli pour leur soutien et leur confiance dans les moments difficiles. Leur engagement sportif et économique a permis au club de se développer. BSC Young Boys se dirige vers un titre champion de Super League, pour la première fois depuis 32 ans. Le club va ouvrir un livre de condoléances à son siège pour rendre hommage à Andy Rihs.

 

 

Dans le cyclisme aussi

Homme de défis et de passions, Andy Rihs avait aussi investi une part de sa fortune dans la production de cycles et le cyclisme professionnel en montant les équipes Phonak, puis BMC. La première se révélera comme son "pire échec" de l'aveu même du Zurichois: quatre jours après avoir remporté le Tour de France 2006, le leader de la formation, l'Américain Floyd Landis, est convaincu de dopage.

Né en 1942, Andy Rihs fait ses débuts dans l'entreprise AG für Elektroakustik fondée en cinq après sa naissance par son père. En 1966, il reprend la société avec comme associé l'ingénieur Beda Diethelm, lequel est rejoint un plus tard par le frère de M. Rihs, Hans-Ueli.

Mais les débuts du trio se révèlent difficiles, l'entreprise, qui se trouve alors dans un état désolant, flirtant à plusieurs reprises proche de la faillite, selon les propres propos d'Andy Rihs. Il faudra aux trois associés trente ans pour que la société, qui a entre-temps pris la raison sociale de Phonak, atteigne une taille critique et entre en Bourse, à fin 1994.

Autre dimension

Oeuvre de toute la vie d'Andy Rihs, Phonak va dès lors prendre une toute autre dimension. A cette époque, l'entreprise affiche un chiffre d'affaires annuel de 125 millions de francs. Actuellement, Sonova, nom qu'a pris le groupe en août 2007, dégage des revenus dépassant les 2 milliards de francs, après avoir multiplié les acquisitions.

De 1992 à 2000, Andy Rihs représentera l'image de l'entreprise, coiffant la double casquette de directeur général et de président du conseil d'administration. En avril 2000, le Zurichois, désireux de préparer sa succession, cède cependant son fauteuil de directeur à Peter Pfluger.

Toutefois Andy Rihs reprend la direction opérationnelle du groupe deux ans plus tard durant quelques mois, le temps de débaucher l'Espagnol Valentin Chapero chez le concurrent allemand Siemens.

 

 

Affaire de délit d'initiés

Une croissance qui s'accélère jusqu'au saut de chaîne de l'automne 2011, plusieurs managers de Sonova se retrouvant englués dans une affaire de délit d'initiés, qui ne s'est pas confirmée retrospectivement. Suite au retrait aux Etats-Unis d'un implant cochléaire, des patients ayant fait état de douleurs, le groupe publie un avertissement sur résultats.

Quasiment dans le même temps, plusieurs dirigeants annoncent des transactions avec des titres et des options Sonova pour des dizaines de millions de francs. Outre le retrait d'Andy Rihs de la présidence, l'affaire se solde par la démission de Valentin Chapero, et du chef des finances, Oliver Walker.

Plus gros actionnaire de Sonova, Andy Rihs sauve cependant son mandat d'administrateur. Le Zurichois parvient à prouver qu'il n'était pas au courant de la publication de l'avertissement sur résultat avant de vendre pour plus de 37 millions de francs d'actions.

L'épisode marque le début du désengagement progressif d'Andy Rihs de Sonova. Au printemps 2015, il se retire du conseil d'administration du groupe, après avoir aussi réduit sa participation. Celle-ci se monte à 3,2%, selon le Guide des actions suisses.