Coronavirus: le Conseil fédéral annonce un assouplissement des mesures

La conseillère fédérale Viola Amherd annonce un assouplissement des mesures début mai. La veille, Frédéric Favre avait interpellé la Confédération en espérant que les sports individuels pourront reprendre rapidement.

22 avr. 2020, 17:30
La pratique du golf, notamment, devrait pouvoir reprendre avant d'autres disciplines collectives.

Lors de la conférence de presse, mercredi, Viola Amherd a ouvert la porte à un assouplissement des règles vis-à-vis du sport dès le début du mois de mai. «La Confédération pourra bientôt proposer une nouvelle ordonnance dans ce sens après les conclusions d’un groupe de travail mis en place», explique la conseillère fédérale. «Nous sommes conscients de l’importance du sport pour la santé physique et psychique, ainsi qu’en termes économiques. Il nous faut une mise en oeuvre rapide d’une stratégie de sortie dans le sport. Les activités permettant d’éviter les contacts corporels et offrant les mesures de distanciation sociale pourront reprendre début mai.»

«C’est une très bonne nouvelle pour le tennis et les sports extérieurs sans contact», se réjouit Raphaël Bender, président de l’Association valaisanne de tennis.

Frédéric Favre avait interpellé la Confédération

«On ne peut pas mettre le tennis, le golf, le hockey, le football et le judo dans le même panier.» Frédéric Favre, conseiller d’Etat en charge de la sécurité, des institutions et du sport, avait estimé, plus tôt, que le Conseil fédéral devait faire la distinction entre les diverses activités sportives. Il avait ainsi fait suivre un courrier, cosigné par ses collègues romands, à la conseillère fédérale Viola Amherd avec copie à l’Office fédéral du sport. «De nombreuses disciplines, à l’instar du tennis, du golf, du tennis de table et de l’équitation, entre autres nombreux exemples, sont en mesure de respecter les précautions sanitaires», précise-t-il. «Pourquoi deux joueurs ne pourraient-ils pas échanger des balles sur un court, quatre golfeurs taper des balles sur un parcours quand cinq personnes sont autorisées à boire l’apéritif sur leur terrasse? J’estime que la pratique de certains sports individuels et en extérieur devrait être autorisée dans les meilleurs délais.»

La question de l’activité économique des moniteurs de sport ne laisse pas davantage insensible Frédéric Favre. «Quand bien ils donnent souvent des cours privés, ces professionnels ne peuvent toujours pas pratiquer leur métier», s’étonne-t-il. «Dès le 11 mai, on pourrait retrouver jusqu’à 25 enfants dans une même classe. Pourquoi ne pourraient-ils pas être cinq sur un terrain de sport en respectant les normes? Il s’agit d’être cohérent.» 

Le sport, une soupape de sécurité

Le conseiller d’Etat espérait alors que la Confédération serait sensible à ces arguments. De nombreuses voix se sont fait entendre ces derniers jours. «La population suisse fait preuve d’une autodiscipline assez exemplaire. Le sondage de l’Institut Sotomo du 7 avril révèle que les gens ont réduit leur déplacement pour leur travail et pour faire des courses mais ils pratiquent davantage de sport. Si l’on part du principe que la lutte contre cette pandémie est loin d’être terminée, on doit permettre à la population de se dépenser pour qu’elle poursuive ses efforts sanitaires dans le temps. Le sport peut jouer ce rôle de soupape et d’échappatoire dans un contexte où les gens pourraient se relâcher quelque peu. Je suis satisfait d’apprendre que la Confédération envisage d’assouplir rapidement ses restrictions envers des sports qui nécessitent peu de mesures et qui peuvent être facilement mises en place. Nous ne demandons pas la réouverture des vestiaires et des cantines mais juste de permettre aux disciplines de reprendre, plus ou moins vite, selon leurs spécificités.»

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