Un ver immortel ouvre des pistes sur les maladies dues aux bactéries

L'étude d'un ver plat immortel ouvre de nouvelles voies pour lutter contre des maladies dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques. Une équipe de chercheurs français vient de faire cette découverte très prometteuse.

11 sept. 2014, 07:59
Des chercheurs français ont découvert une approche très prometteuse, à partir de l'étude d'un ver plat immortel, pour lutter contre les maladies dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques.

Des chercheurs français ont découvert une approche très prometteuse, à partir de l'étude d'un ver plat immortel, pour lutter contre les maladies dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques. Cette découverte pourrait déboucher sur des essais cliniques sur l'homme d'ici 10 ans.

"Nous sommes les premiers en France et au monde à avoir utilisé ce ver plat, la planaire Dugesia japonica, pour rechercher une réponse immunitaire", a déclaré mercredi le chercheur Eric Ghigo, directeur de recherche au CNRS (centre national de la recherche scientifique), à la tête de l'équipe "infection, genre et grossesse" à l'origine de cette découverte publiée mercredi dans la revue "Cell Host and Microbe".

"La planaire n'est utilisée habituellement que dans les études sur la reconstitution des tissus, car cet organisme est immortel. Si vous le coupez en 10 fragments cela vous donne 10 nouveaux vers", indique le chercheur. Plusieurs équipes françaises et internationales, notamment italiennes et néo-zélandaise, ont été mobilisées autour de son projet.

Légionellose, salmonellose

L'idée originale de l'équipe d'Eric Ghigo a été de tester 17 bactéries sur la planaire, notamment celles responsables de la légionellose, la salmonellose, la tuberculose ou la listériose. Une idée payante puisque le ver immortel s'est montré résistant à ces 17 bactéries "pathogènes, voire mortelles pour l'homme".

Grâce au séquençage de l'ADN réalisé par une équipe néo-zélandaise spécialisée "sur le séquençage de modèles bizarres", les chercheurs ont découvert que l'incroyable résistance de la planaire à ces agents pathogènes était due à un gène -MORN2- également présent dans le génome humain mais non actif.

Il ne restait plus aux chercheurs qu'"à 'surexprimer' ce gène dans des (cultures de, Ndlr) globules blancs humains", afin qu'elles puissent détruire les agents pathogènes.

"Cette découverte ouvre une nouvelle piste d'action, contre M. Tuberculosis (la bactérie à l'origine de la tuberculose), dont les souches résistantes aux antibiotiques sont de plus en plus répandues", s'est félicité le CNRS dans un communiqué.

Selon Eric Ghigo, cette avancée pourrait conduire à des essais cliniques sur l'homme d'ici "10 à 15 ans".