Un antiallergique pour atténuer le stress post-traumatique

Des chercheurs bâlois ont fait le lien entre un médicament antiallergique et sont rôle dans la réduction du stress post-traumatique.
21 oct. 2013, 21:00
Medikamente in einer Blisterkarte, aufgenommen am 13. Juli 2012 in der Apotheke Wyss in Baden. (KEYSTONE/GAETAN BALLY / Keystone)

Des chercheurs bâlois sont parvenus lors d'une étude clinique à inhiber le rappel de souvenirs négatifs à l'aide d'un médicament antiallergique bien connu. Ils avaient auparavant identifié à l'aide de la génétique les molécules susceptibles d'agir dans ce sens.

L'équipe d'Andreas Papassotiropoulos et Dominique de Quervain, des cliniques universitaires psychiatriques et de l'Université de Bâle, a fouillé le génome de 1800 personnes à la recherche des gènes impliqués dans la mémorisation de contenus négatifs. Ils en ont trouvé une vingtaine, ainsi qu'ils le rapportent dans la revue américaine "Proceedings of the National Academy of Sciences" (PNAS).

Les scientifiques se sont ensuite mis en quête de médicaments agissant sur le produit de ces gènes, identifiant comme candidat un antiallergique bien connu. Une comparaison avec le génome de 349 victimes de génocide fortement traumatisées ayant fait l'objet d'une précédente étude a confirmé que ce médicament était susceptible d'avoir l'effet souhaité sur un gène bien précis.

Une étude clinique avec 40 volontaires sains a ensuite montré que quelques minutes déjà après la prise de l'antiallergique, les volontaires se souvenaient moins bien d'images négatives qu'on leur avait montrées. Au bout de 90 minutes, la différence avec le groupe de contrôle qui avait reçu un placebo était encore plus grande.

La mémoire des images neutres ou positives n'a pas été influencée. Ces travaux constituent une piste pour mieux traiter les symptômes de stress post-traumatique, a indiqué lundi l'Université de Bâle. Il s'agit toutefois de mener des études supplémentaires afin de déterminer le dosage du médicament et le moment propice pour l'administrer.

Cette étude montre également le potentiel de la génétique pour identifier des substances quant à leurs effets jusqu'ici inconnus sur la mémoire. "Dans une prochaine étape, nous allons tenter d'identifier et de développer des médicaments améliorant la mémoire", conclut M. de Quervain, cité dans le communiqué.