Sida: une nouvelle substance pourrait ouvrir la voie à un traitement

Une substance anti-sida efficace sur les singes pourrait déboucher sur un traitement à effet prolongé contre le VIH.

18 févr. 2015, 14:34
A Guatemalan woman shows a red ribbon in support of the people who suffer AIDS, Thursday, 30 November 2006, in Guatemala, a day before the commemoration of the World Aids Day. According to the last UNAIDS report and the World Health Organization the HIV epidemic is starting to drop down, despite the 4.3 new million cases reported in 2006, which adds to 39.5 million the number of people infected with the virus in the world. The same report indicates that 140.000 of the new cases are from Latin America. Guatemala represents a 1 percent of that figure. Prostitution is one of the main risk factors for the transmission of the disease, unprotected sex between men accounts for 12 percent of reported AIDS cases in Guatemala.  (KEYSTONE/EPA/Ulises Rodriguez)

Des chercheurs américains ont mis au point une substance anti-sida qui s'est avérée efficace pendant des mois sur des singes. Elle pourrait déboucher sur un traitement à effet prolongé contre le VIH, selon le Pr Michael Farzan qui a dirigé l'étude publiée mercredi par la revue scientifique "Nature".

"Nous avons développé un inhibiteur très puissant et à large spectre" agissant sur le VIH-1, à savoir le principal type de virus du sida présent dans le monde, a expliqué à l'AFP M. Farzan.

La substance est le fruit de plusieurs années de recherche principalement réalisée par The Scripps Research Institute - un centre de recherche à but non lucratif basé en Floride - et financée par l'Institut public de recherche américain sur les maladies infectieuses NIAID.

Ce "composé" baptisé eCD4-Ig offre une "très, très forte protection" contre le VIH, explique le Pr Farzan qui s'appuie sur une expérience menée sur des singes, décrite dans une lettre publiée mercredi dans la revue scientifique britannique "Nature". L'expérimentation conduite sur des macaques rhésus a montré que cette substance, injectée en une seule fois, était capable de protéger les singes de l'équivalent du sida chez eux sur une durée d'au moins huit mois.

Protéine protectrice

Pour assurer cet effet prolongé, eCD4-Ig a été associé à un virus de type adéno-associé (AAV), inoffensif mais capable de s'introduire dans les cellules et de leur faire fabriquer indéfiniment la protéine protectrice afin de créer un effet anti-sida de longue durée.

Après avoir été traité avec ce cocktail, les macaques ont été soumis à des doses de plus en plus fortes de la version singe du virus du sida (SHIV-AD8). Aucun de ces animaux n'a développé d'infection contrairement aux singes non traités avec eCD4-Ig et utilisés comme témoins.

Les données publiées mercredi dans "Nature" montrent une protection efficace pendant au moins 34 semaines malgré des doses de SHIV quatre fois supérieures à celles ayant suffi à infecter les macaques témoins. L'expérimentation sera présentée lors de la grande conférence annuelle CROI sur les rétrovirus et infections opportunistes qui se tiendra à Seattle du 23 au 26 février.

Plusieurs autres recherches

Plusieurs autres recherches explorant des voies différentes sont en cours à travers le monde pour la mise au point de vaccins thérapeutiques, capables de guérir ou bien de museler définitivement le virus après une infection.

Les traitements actuels antirétroviraux sont très efficaces pour réduire à néant la charge virale (la quantité de virus présente dans le sang) chez les personnes infectées. Mais ils sont incapables d'éradiquer définitivement le VIH et les traitements doivent être pris à vie.