Nouveaux tests pour les résistances aux antibiotiques

Des physiciens de l'EPFL ont mis au point une méthode quasiment instantanée de détection des résistances à l'antibiotique. Cette innovation s'instaure en réaction aux cas toujours plus nombreux de résistance aux médicaments. La méthode pourrait s'appliquer en oncologie.

30 juin 2013, 19:05

Actuellement, mesurer la réponse d'une bactérie à un traitement prend du temps. Il faut mettre en culture l'échantillon pour voir s'il continue à se développer. Dans le cas de la tuberculose, par exemple, qui prolifère extrêmement lentement, le processus prend près d'un mois.

Grâce à leur maîtrise de l'optique et de la lumière, des physiciens de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) apportent une nouvelle solution. Giovanni Dietler, Sandor Kasas et Giovanni Longo exploitent le microscopique bouillonnement du métabolisme des bactéries, qui se manifeste par d'infimes mouvements. Leur travail fait l'objet d'une publication dimanche dans «Nature Nanotechnology».

Vibrations minuscules

Pour percevoir les signes vitaux des bactéries, qui sont à la limite du détectable, les chercheurs déposent les bactéries sur un minuscule levier en silicium long d'une centaine de microns, à peine l'épaisseur d'un cheveu. Cette tige vibre sous l'action du métabolisme des germes. Ses oscillations sont infinitésimales, de l'ordre du millionième de millimètre.

Pour mesurer les vibrations du dispositif, un laser est projeté contre le levier. La lumière renvoyée est convertie en courant électrique: les variations du courant correspondent aux vibrations de la surface éclairée. Lorsque les oscillations électriques disparaissent de l'écran de contrôle, c'est que la bactérie est morte.

Quelques minutes

A la fois rapide et sensible, cette méthode pourrait s'avérer précieuse pour les médecins et les chercheurs. Elle permet non seulement de déterminer à quels traitements l'agent pathogène est résistant, mais aussi à partir de quelle concentration d'antibiotiques la thérapie est efficace.

Le détecteur actuel est plus petit qu'une boîte d'allumettes. Il pourrait encore être miniaturisé jusqu'à la taille d'une puce. Montés en série, les détecteurs pourraient tester en quelques minutes tout une batterie d'antibiotiques sur une souche bactérienne.

Cette méthode pourrait aussi être appliquée dans d'autres domaines, comme l'oncologie. Elle permettrait d'évaluer l'efficacité d'un traitement en mesurant le métabolisme de cellules tumorales exposées à des anticancéreux.