Lucas Malcotti: «l’escrime est un sport qui apprend à être humble»

C’est le cou nu mais la détermination intacte que Lucas Malcotti est rentré des Jeux Olympiques de Tokyo. Le champion suisse n’a pas dit son dernier mot et compte bien prendre sa revanche en 2024 à Paris. Préparation physique, alimentation, sommeil, gestion du stress… il nous dévoile ses secrets pour atteindre son but.
08 nov. 2021, 08:00
S’il est une chose que Lucas Malcotti a retenu de Tokyo, «c’est que rien n’est gagné d’avance».


Cette interview de Lucas Malcotti se retrouve dans notre magazine «Votre Santé» en cliquant ici


Que retirez-vous de cette première expérience olympique, malgré la défaite?

Il y a bien sûr beaucoup de déception, car on était clairement venus chercher une médaille. C’est un échec qu’il va falloir digérer. Mais je suis tout de même fier d’avoir été qualifié, d’avoir pu vivre cette première expérience. Cela pourra m’aider à me préparer pour une éventuelle participation aux Jeux de 2024. Je vais me fixer de nouveaux objectifs pour retrouver ma motivation.

 Est-ce que cet échec peut vous renforcer pour la suite?

Oui, je l’espère. Je n’étais pas préparé à ça et c’est ce qui a rendu la défaite encore plus amère. L’escrime est un sport assez cruel, très psychologique, où tout se joue à quelques touches… et la victoire tient parfois à peu de chose. Cette défaite nous rappelle donc aussi que rien n’est gagné d’avance. Notre équipe était dans le top 4 mondial, mais ça ne l’a pas empêchée d’être éliminée au premier tour. Il faut savoir rester humble.

Bio express
9 janvier 1995: Naissance à Sion.
2003: Premiers cours d’escrime à 8 ans.
2016 et 2018: Remporte le titre de champion suisse en individuel.
2018: Médaille d’or lors des Championnats du monde à l’épée par équipe.
2019: Remporte le bronze en individuel lors des Jeux mondiaux militaires.
2020: Obtient son diplôme de géomaticien.

 Quel est votre plus beau souvenir de compétition?

Mes plus beaux souvenirs sont ceux en équipe, notamment la finale de mes premiers Championnats du Monde en 2018. Il y avait une ambiance incroyable, ça m’a vraiment porté. La victoire de notre équipe n’était pas très attendue et ça a été une explosion de joie. J’ai eu l’impression d’être propulsé sur le toit du monde !

Durant les entraînements ou avant une compétition, faites-vous attention à votre alimentation?

Oui, je suis assez pointilleux sur la nutrition. Il y a quelques années, j’ai consulté un nutritionniste qui m’a donné des bases précieuses. Depuis, j’applique ses conseils à la lettre. Mon petit-déjeuner, par exemple, est toujours le même. Il se compose de 50 g de flocons d’avoine, de fruits secs, de deux œufs et d’une pomme. Cette rigueur alimentaire, et d’hygiène de vie en général, ce sont de petits détails qui peuvent vraiment faire la différence, aussi bien au niveau de la performance que de la récupération.

 Vous n’avez donc aucun péché mignon ?

Si, bien sûr, il faut savoir se faire plaisir de temps en temps! J’ai par exemple du mal à résister à un cordon bleu ou à des tranches de poulet pané accompagnées de mayonnaise…

Vite dit
Une personnalité qui vous inspire
Hervé Faget, escrimeur français qui fut mon coach et qui est maintenant entraîneur de l’équipe de France. Il possède de grandes connaissances sur l’escrime et c’est une personne humainement magnifique.
Un mantra que vous vous répétez souvent
Il faut toujours croire en soi.

 Quels autres paramètres ont un impact sur vos performances?

Le sommeil est également très important. Avant, je ne dormais pas bien et j’avais du mal à récupérer. J’ai donc essayé de mettre en place des rituels : pas d’écrans avant de dormir, se coucher toujours à la même heure… j’ai vraiment vu une amélioration de mon sommeil.

J’ai également la chance d’être entouré d’une équipe médicale composée d’un médecin, d’un physiothérapeute et d’un préparateur physique qui se connaissent, discutent et m’apportent une approche globale efficace au moindre signe de faiblesse ou de blessure.

 Êtes-vous sensible aux médecines alternatives?

Oui, très. Ma mère s’y est toujours beaucoup intéressée et j’y ai donc été initié très jeune. Je me soigne à l’homéopathie quand je le peux, je fais souvent des massages ayurvédiques pour soulager mes muscles… Ces approches m’ont toujours fait du bien et apporté un certain équilibre.

 Quels sont vos projets aujourd’hui? 

Je vais déjà finir de digérer ces Jeux de Tokyo. Avec la crise sanitaire, on avance encore un peu dans le flou au niveau des entraînements et des compétitions. L’objectif reste bien sûr les Jeux de Paris en 2024. Mais avant d’y être, il va falloir passer les qualifications individuelles et en équipe, et ça, c’est déjà un objectif en soi!


Clémentine Fitaire/PlanèteSanté