Les morsures d'araignées sont sans danger

Les morsures d'araignées dans nos contrées ne sont pas dangereuses selon le constat posé par des chercheurs suisses dont les travaux viennent d'être publiés dans une revue scientifique.

22 août 2013, 15:45
A little spider eating its prey, pictured on July 20, 2012, in Zurich, Switzerland. (KEYSTONE/Alessandro Della Bella)

Eine kleine Spinne sitzt in ihrem Netz und wartet auf Beute am 20. Juli 2012 in Zuerich. (KEYSTONE/Alessandro Della Bella)

La crainte des araignées n'a pas de fondement médical: dans nos contrées, leurs morsures sont bien moins dangereuses qu'on ne le pense généralement. C'est le constat de chercheurs suisses dont les travaux sont publiés dans les revues "Toxicon" et "Swiss Medical Weekly".

Wolfgang Nentwig, de l'Université de Berne, a voulu savoir si la peur des morsures d'araignées avait une justification scientifique. Avec des collègues de l'Hôpital universitaire de Zurich et du Centre suisse d'information toxicologique (Tox), il a évalué pour la première fois les rares données disponibles sur le sujet en Suisse.

Le chercheur s'est notamment penché sur tous les cas signalés au Tox par des généralistes. Quatorze cas ont été enregistrés, émanant de cinq espèces indigènes, notamment la tégénaire domestique, très courante dans les habitations.

Médecins pas assez formés

Résultats: la dangerosité des araignées est surestimée non seulement dans la population mais également par les médecins, qui sont insuffisamment formés à cet égard. Les morsures en question n'ont provoqué que de faibles douleurs, rougeurs et enflures. Dans deux cas seulement, des femmes âgées ont dû être conduites à l'hôpital où les symptômes ont disparu après quelques heures sans laisser de séquelles.

Par rapport au nombre d'espèces d'araignées vivant en Suisse (1000) et en Europe (4500), le nombre de morsures avérées est très faible, souligne Wolfgang Nentwig, cité jeudi dans un communiqué de l'Université de Berne. La plupart sont trop petites pour mordre la peau humaine et même celles qui vivent dans les maisons préfèrent prendre la fuite.

Ces 50 dernières années, aucun décès suite à une morsure d'araignée n'a été enregistré dans le monde. Et cela même dans des pays comme le Brésil ou l'Australie, où vivent les espèces les plus dangereuses. Ce n'est pas le cas des abeilles et des guêpes, qui provoquent chaque année plusieurs décès par allergie en Europe, conclut M. Nentwig.