La résistance microbienne aux antibiotiques diminue avec le lait maternel

Une étude publiée mercredi dans la revue "Plos One", relève que certains microbes responsables de pneumonies graves et autres infections, résistent moins aux antibiotiques avec le lait maternel.

02 mai 2013, 07:23
Une protéine dans le lait maternel réduit nettement la résistance aux antibiotiques développée par certains pathogènes responsables de pneumonies graves et d'autres infections difficiles à traiter.

Une protéine dans le lait maternel réduit nettement la résistance aux antibiotiques développée par certains pathogènes responsables de pneumonies graves et d'autres infections difficiles à traiter. C'est ce que révèle une étude publiée mercredi dans la revue américaine "PLOS ONE".

Cette découverte est prometteuse pour les centres hospitaliers. Ils sont souvent confrontés au problème des "super-microbes" résistants aux antibiotiques, à l'instar du staphylocoque doré multirésistant (SARM), responsable d'un grand nombre d'infections nosocomiales.

Les expériences menées dans des cultures en laboratoire et sur des animaux ont montré que cette protéine, appelée "Human Alpha-lactalbumine made lethal to tumor cell", ou HAMLET (alpha lactalbumine modifiée tueuse de cellules tumorales, en français), accroît la sensibilité des bactéries à de multiples antibiotiques, comme la pénicilline et l'erythromycine.

Les effets ont été tellement prononcés que les bactéries résistantes y compris à la pénicilline, comme le streptocoque de la pneumonie et le MRSA, ont retrouvé leur sensibilité à ces antibiotiques auxquels ils résistaient auparavant, expliquent ces chercheurs, dont Anders Hakansson, professeur adjoint de microbiologie à l'Université de Buffalo, un des trois co-auteurs de cette recherche.

HAMLET "a le potentiel de réduire la concentration d'antibiotique nécessaire pour combattre les infections et nous permet d'utiliser les antibiotiques les plus répandus contre des pathogènes résistants", souligne Anders Hakansson.

Pas d'effets secondaires toxiques

Les bactéries paraissent avoir beaucoup de mal à développer une résistance à HAMLET. Elles meurent en grand nombre même après avoir été exposées à cette protéine pendant de nombreuses générations, précise-t-il.

"A la différence des traitements synthétiques, HAMLET est une substance se formant naturellement dans le lait humain et n'a pas d'effets secondaires toxiques. Ces derniers sont fréquemment observés avec les antibiotiques très puissants nécessaires pour détruire les pathogènes ultra-résistants", note le chercheur.

Par ailleurs HAMLET fait l'objet de recherches pour son utilisation ciblée contre des tumeurs cancéreuses, particulièrement celles résistantes à d'autres traitements de chimiothérapie.