480'000 Suisses ont recours à la psychiatrie chaque année

Au moins 480'000 personnes recourent chaque année à un traitement psychiatrique en Suisse, selon une étude de l'Observatoire suisse de la santé (Obsan) publiée jeudi.

06 juin 2013, 18:02
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Publiée jeudi, l'étude de l'Observatoire suisse de la santé (Obsan) montre pour la première fois combien de gens recourent à la psychiatrie pour des problèmes psychiques.

Près de 300'000 patients par an suivent un traitement médical ambulatoire et/ou une psychothérapie déléguée en cabinet, près de 60'000 se rendent dans un établissement hospitalier et environ 120'000 sont traités en institution ambulatoire.

Les femmes consultent une fois et demi plus souvent que les hommes. C'est pour le nombre de patients en cabinet que les différences entre les sexes sont les plus marquées au niveau du recours aux soins psychiatriques (plus de femmes traitées). On n'observe presque aucune différence entre les sexes pour le recours aux soins hospitaliers, et de très faibles différences (plus de femmes traitées) pour le recours aux prestations ambulatoires en institution psychiatrique, selon l'étude.

Dépressions et manies en tête

Les trois secteurs de soins présentent aussi des différences en fonction de l’âge: jusqu’à l’âge de 60 ans, le recours aux soins en cabinet ne cesse d’augmenter, pour diminuer fortement ensuite chez les patients plus âgés.

Dans les institutions ambulatoires, c’est dans le groupe d’âge le plus jeune de l’enquête (15-24 ans) que le recours aux soins est le plus élevé. Enfin, dans les cliniques, le taux de recours aux soins est relativement constant quel que soit le groupe d’âge, excepté chez les plus de 70 ans où il est considérablement supérieur.

Les trois groupes de diagnostics les plus fréquents sont les troubles de l’humeur comme les dépressions et les manies (29% des cas), les troubles névrotiques liés au stress et somatoformes (27%) et les troubles de la personnalité (16%).

S'agissant de la dépression, pour l'ensemble de la Suisse, on enregistre sur un an une prévalence de 5,1% de la dépression majeure (6,2% pour les femmes et 3,9% pour les hommes). Cela correspond à environ 360'000 personnes touchées chez les plus de 15 ans.

Différences entre les cantons

Le taux de recours à la psychiatrie présente par ailleurs d'importantes différences entre les cantons. Elles ne s'expliquent guère par la composition de la population par âge ou par sexe. En revanche, certains indicateurs sociaux - taux de chômage, part des étrangers, degré d’urbanisation - sont des facteurs d'explication statistiques importants.

Mais les indicateurs les plus significatifs sont ceux qui concernent l’offre de soins - par exemple le nombre de psychiatres pour 10'000 habitants -, qui peuvent expliquer en grande partie les écarts entre les cantons pour le taux de recours aux soins.