Yémen: dix-sept morts dans des affrontements entre l'armée et des tribus

Dix combattants tribaux et sept soldats ont péri dans des affrontement au Yémen. A l'origine du combat, des suspicions de sabotages répétés d'un oléoduc qui traverse les zones tribales.

25 déc. 2012, 14:34
L'armée yéménite est en proie à une profonde réorganisation.

Dix combattants tribaux et sept soldats ont été tués mardi dans des combats opposant l'armée à des tribus dans la région de Marib, au Yémen. Ces combats ont éclaté lors d'une opération de l'armée contre des combattants accusés par les autorités d'être responsables des sabotages répétés d'un oléoduc.

L'opération se déroulait à Wadi Habab, une zone située à 140 km à l'est de la capitale Sanaa, a précisé une source tribale. Cette source a affirmé que l'armée "utilise toutes sortes d'armes et a recours à l'aviation".

Les combattants tribaux utilisent pour leur part des armes légères et des roquettes antichar de type RPG, selon la même source. "La campagne vise Saleh ben Hussein Dammaj dont les hommes ont saboté à plusieurs reprises l'oléoduc passant par leur territoire", a déclaré une autre source tribale.

Saleh ben Hussein Dammaj se livre à ces sabotages pour faire pousser auprès des autorités sa demande d'une compensation de 100 millions de riyals (440'000 francs) pour un terrain qui lui aurait été confisqué à Sanaa, a expliqué cette source.

Crises politiques et économiques

Les autorités yéménites estiment le manque à gagner en raison des sabotages de l'oléoduc à un milliard de dollars pour la seule année 2012. Ces sabotages ont également fait baisser de 4,5% les exportations de pétrole du pays, ont indiqué les autorités sans préciser le volume de ces exportations.

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, compte sur ses modestes revenus pétroliers pour mobiliser des ressources pour le budget de l'Etat. Les crises politiques et l'insécurité mettent son économie au bord de l'effondrement.

Deux officiers abattus

Par ailleurs, un général et un colonel de l'armée yéménite ont été abattus mardi dans deux attaques distinctes, menées par des hommes armés circulant en moto, ont indiqué des sources de sécurité.

Le général Fadl al-Zamani, du service de sécurité nationale (renseignement), a été abattu par balle à Bab Al-Yaman, l'entrée de la vieille ville de Sanaa. L'assaillant a réussi à prendre la fuite, a précisé l'une de ces sources.

A Dar Solom, un autre quartier de la capitale, un homme à moto a tiré sur le colonel Salim al-Gharbani, de la Garde républicaine, corps d'élite de l'armée, a affirmé une autre source de sécurité. L'officier est décédé à l'hôpital où il a été transporté.

Dans les deux cas, les services de sécurité ont ouvert des enquêtes pour tenter d'identifier les assaillants qui ont pris la fuite et les commanditaires de ces attentats. Les opérations de ce genre sont devenues fréquentes à Sanaa et dans le pays en général, notamment dans le sud où les attaques sont régulièrement attribuées à Al-Qaïda.