Vives tensions entre Israël et Gaza: Benjamin Netanyahu menace

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a menacé dimanche d'intensifier les opérations militaires dans la bande de Gaza.

11 nov. 2012, 18:17
Des élections anticipées se tiendront le 22 janvier en Israël. C'est ce qu'à décidé le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a menacé dimanche d'intensifier les opérations militaires dans la bande de Gaza après une recrudescence des tirs de roquettes sur le sud d'Israël en provenance de l'enclave côtière palestinienne. Ces violences ont tué six Palestiniens et blessé huit Israéliens.

Parmi eux, quatre militaires ont été touchés samedi lors d'une patrouille à la frontière avec le territoire palestinien, leur véhicule ayant été attaqué par une roquette antichar. La riposte de l'armée israélienne a coûté la vie à quatre civils palestiniens et en aurait blessé une trentaine d'autres.
 
Les groupes islamistes ont alors répondu à leur tour en tirant des dizaines de roquettes en direction des localités du sud de l'Etat hébreu, faisant quatre blessés. Deux combattants palestiniens ont été tués dans les raids aériens menés en représailles et deux ouvriers ont été blessés dimanche lorsque leur usine a été atteinte par un obus tiré par un char israélien dans le nord de l'enclave, selon les services d'urgence.
 
Le système de défense antimissile israélien "Dôme de fer" a par ailleurs détruit un missile Grad qui se dirigeait vers la ville de Beersheva, a annoncé l'armée.
 
"Boucliers humains"?
 
Lors des funérailles des six Palestiniens tués depuis samedi dans la bande de Gaza, la foule a crié vengeance. Selon un témoin, un char israélien a tiré en direction d'un groupe d'enfants puis sur des adultes qui se précipitaient sur les lieux. L'armée israélienne a accusé les militants palestiniens de se servir des civils comme de "boucliers humains".
 
"Le monde doit comprendre qu'Israël ne restera pas l'arme au pied face aux tentatives de s'en prendre à nous. Nous sommes prêts à riposter plus fermement", a déclaré à Jérusalem le premier ministre Benjamin Netanyahu, qui briguera un nouveau mandat en janvier. Ses propos, lors du conseil des ministres, ont été retransmis par les médias israéliens.
 
Revendications
 
Dans un communiqué conjoint, six mouvements palestiniens dont le Hamas, qui n'était pas ouvertement impliqué dans les affrontements de la veille, ont revendiqué les tirs de roquettes et d'obus de mortier de dimanche. Les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza depuis juin 2007, évitaient jusqu'ici de tels affrontements pour persuader les nouvelles autorités égyptiennes qu'ils peuvent contribuer à la stabilisation de la situation.
 
Les autorités israéliennes se sont félicitées à plusieurs reprises des efforts déployés par le Hamas pour imposer le calme dans la bande de Gaza mais continuent néanmoins à le tenir pour unique responsable des violences à la frontière.
 
Les tirs de roquettes de dimanche ont fait quatre blessés en Israël, selon l'armée. Les habitants du sud de l'Etat hébreu ont reçu l'ordre de gagner les abris. Les cours ont été suspendus dimanche matin dans toutes les localités israéliennes limitrophes de la bande de Gaza. Une mesure similaire a été adoptée par les autorités du territoire palestinien dans cinq écoles proches de la ville de Gaza.
 
Le Jihad islamique, groupe moins puissant que le Hamas et qui agit souvent de façon indépendante, a fait savoir qu'un de ses membres avait été tué dimanche dans un raid aérien. Il appartenait à un groupe à l'origine de tirs de roquettes, précise-t-il. Un autre activiste du mouvement avait été tué la veille alors qu'il photographiait les affrontements.
 
Infiltrations
 
Selon Ehud Barak, ministre israélien de la Défense et représentant centriste au sein de la coalition gouvernementale, le scrutin qui approche n'a aucune influence sur l'attitude de l'exécutif à l'égard de la bande de Gaza.
 
Selon lui, l'attaque de samedi contre la patrouille de l'armée israélienne avait pour but de contrecarrer les mesures mises en oeuvre pour éviter les infiltrations. Les forces israéliennes procèdent souvent à des fouilles de tunnels et de mines du côté palestinien de la frontière, ce qui en fait une zone interdite aux habitants de la bande de Gaza.