Violences au Nigéria: des centaines de déplacés aprés les attaques

A Potiskum, au nord-est du Nigeria, des centaines d'habitants ont dû fuir leur domicile après les dernières violences.

07 janv. 2012, 11:20
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Des centaines d'habitants ont fui samedi leurs habitations dans la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, après des combats entre forces de sécurité et islamistes de la secte Boko Haram. Celle-ci a revendiqué une série d'attaques anti- chrétiens qui ont fait plus d'une vingtaine de morts.

Des dizaines d'islamistes armes ont attaqué vendredi la ville de Potiskum, notamment le commissariat de la police. Deux banques ont été cambriolés et incendiés par les islamistes, selon des habitants.

«Il y a eu des échanges de tirs entre nos hommes et les combattants de (la secte islamiste) Boko Haram pendant une grande partie de la nuit et cela a fait des morts et des blessés», a indiqué samedi le chef de la police de l'Etat de Yobe Lawan Tanko, sans pouvoir dans l'immédiat donner un bilan plus précis.

Les habitants fuient

Les habitants des quartiers proches du commissariat ont dit avoir quitté leurs domiciles par crainte de raids des militaires. «Nous avons peur que les soldats attaquent et incendient nos habitations comme ils le font à Maiduguri (ville du nord-est) à chaque attaque de Boko Haram», a souligné Amiru Umar, un habitant du quartier de Dogo Nini.

Des dizaines de militaires se sont déployés samedi et ont pris position autour du commissariat. La ville de Potiskum est une des zones placées sous état d'urgence par le président Goodluck Jonathan le 31 décembre. Situé au coeur du Nord musulman du pays, elle est régulièrement la cible des attaques de Boko Haram.

Série d'attaques

Un ultimatum fixé par un porte-parole de la secte islamiste Boko Haram aux chrétiens pour qu'ils quittent le nord majoritairement musulman du pays a expiré mercredi soir. La secte islamiste a revendiqué une dernière série d'attaques ayant visé des chrétiens et qui ont fait plus d'une vingtaine de morts depuis vendredi.

La plus violente de ces attaques a fait 17 morts vendredi à Mubi (nord-est), quand des hommes armés ont ouvert le feu sur un rassemblement de chrétiens, selon des témoins. Les victimes étaient venues rendre visite à des proches de deux à cinq personnes assassinées la veille par des inconnus.

Toujours dans le nord du pays, une autre attaque a visé jeudi soir des fidèles réunis en prière dans une église de la localité de Gombe. Les assaillants ont ouvert le feu sur les fidèles, tuant six personnes, selon des témoins.

Une autre attaque, qui n'a pas été revendiquée, a été perpétrée vendredi soir par des hommes armés dans une église à Yola, capitale de l'Etat d'Adawama (nord-est du Nigeria), faisant au moins huit morts et un nombre de blessés indéterminé parmi les fidèles, selon une source hospitalière.