Vidéo "Happy": sept jeunes Iraniens condamnés avec sursis

Chanter et danser dans les rues de Téhéran ne plaît pas aux milieux conservateurs. Sept Iraniens s'étant mis en scène dans une vidéo sur la chanson "Happy" de Pharrell Williams ont été condamnés à des peines de prison et de coups de fouet avec sursis.

19 sept. 2014, 14:05
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Sept Iraniens ayant participé à un clip vidéo sur la chanson de Pharrell Williams "Happy" diffusé sur internet ont été condamnés à des peines de prison et de coups de fouet avec sursis, a déclaré vendredi l'un de leurs avocats. La vidéo a été vue plus d'un million de fois depuis sa mise en ligne.

Le clip, diffusé sur Youtube en avril, montrait trois hommes et trois femmes, non voilées, chanter et danser dans les rues et sur les toits de Téhéran au son du succès musical planétaire qui fait l'éloge de la joie et du bonheur.

La vidéo avait provoqué la colère des milieux conservateurs, estimant que les Iraniens, en particulier les jeunes, délaissent les valeurs islamiques pour un mode de vie plus occidental. Les participants avaient été arrêtés en mai puis libérés sous caution quelques jours plus tard après une "confession" diffusée par la télévision d'Etat.

Lors de leur procès, les sept jeunes ont été reconnus coupables de "diffusion illégale d'un film" et "relations illicites", a précisé l'avocat, Farshid Rofougaran.

Rohani: "le droit au bonheur"

L'une des danseuses, qui avait également mis en ligne la vidéo, a écopé d'un an de prison et 91 coups de fouet. Les cinq autres danseurs et le réalisateur du clip ont été condamnés à six mois de prison et 91 coups de fouet. Toutes ces peines ont été prononcées avec sursis, a-t-il ajouté.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé ces condamnations. Amnesty International a estimé dans un communiqué que si le jugement était confirmé, "ces personnes seraient condamnées et cataloguées comme criminelles uniquement pour avoir réalisé un clip vidéo en hommage à la joie".

L'arrestation de ces jeunes avait été largement dénoncée sur les réseaux sociaux, dont l'accès est bloqué par les autorités iraniennes. Le président iranien Hassan Rohani avait lui-même estimé dans un message sur Twitter que "le bonheur est le droit de notre peuple. Nous ne devrions pas être trop durs face à des comportements causés par la joie".