Venezuela: la Cour suprême renonce à s'attribuer les pouvoirs du parlement

À quelques heures de manifestations massives, la Cour suprême au Venezuela tente d'un peu calmer le jeu. Elle renonce à une décision qui remis de l'huile sur le feu dans ce pays en crise.

01 avr. 2017, 16:05
/ Màj. le 01 avr. 2017 à 20:58
Des manifestations massives sont prévues samedi au Venezuela.

La Cour suprême vénézuélienne a renoncé samedi à s'attribuer les pouvoirs du Parlement et à conférer des prérogatives élargies à Nicolas Maduro. Le président semble avoir décidé de reculer face à des manifestations annoncées comme massives.

La Cour a d'abord annoncé revenir sur sa décision du 29 mars de s'arroger les pouvoirs législatifs et de priver les députés de leur immunité. Celle-ci avait déclenché une vague de réprobation internationale et marqué une escalade dans la crise politique agitant ce pays pétrolier.

La haute juridiction a ensuite publié une décision annulant les pouvoirs élargis qu'elle avait conférés précédemment au chef de l'Etat socialiste afin de réviser les lois sur le crime organisé, le financement du terrorisme et sur la corruption, ainsi que le code pénal et celui de la justice militaire.

 

 

"La controverse est close"

"La controverse est close", avait déclaré le président Nicolas Maduro, peu après minuit devant le Conseil de défense du gouvernement qui avait été réuni pour "inviter" la Cour suprême à réexaminer sa décision. Cela pourrait ne pas être suffisante pour apaiser la colère de la population.

"On ne peut prétendre simplement normaliser la nation après avoir réalisé un 'coup d'Etat'", a déclaré Julio Borges, président de l'Assemblée nationale. Il a déchiré en public cette semaine les décisions controversées de la Cour suprême et a refusé d'assister au Conseil de défense où siègent les présidents des principales institutions du pays.

Le président socialiste semble vouloir lâcher du lest dans son bras de fer avec l'opposition antichaviste (du nom de l'ancien président Hugo Chavez, 1999-2013), victorieuse des législatives de fin 2015 et qui réclame son départ.

Les adversaires du chef de l'Etat ont appelé à descendre massivement dans la rue samedi. "Nous allons planifier des actions de protestation, lancer un immense mouvement de pression citoyenne et de résistance", a promis le chef des députés de l'opposition, Stalin Gonzalez. L'opposition réclame des élections anticipées afin de sortir de la crise politico-économique qui secoue le pays.