Une infirmière italienne soupçonnée d'avoir tué une quarantaine de patients

Une infirmière italienne a été mise en examen pour le meurtre d'une patiente et est également soupçonnée du meurtre d'un quarantaine d'autres personnes.
07 août 2015, 14:20
Avec l'arrivée des jours froids, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) recommande aux groupes de la population à risque de se faire vacciner contre le virus de la grippe

Une infirmière italienne a été mise en examen et écrouée cette semaine pour le meurtre d'une patiente, rapporte la presse italienne. Cette affaire fait désormais planer le doute sur une quarantaine de décès dans son service.

Le visage blond de Daniela Poggiali, 41 ans, s'étale depuis plusieurs jours dans les journaux de la péninsule. Aux urgences de Lugo, près de Ravenne (nord), elle était toujours souriante et semblait infatigable. Mais selon des collègues, elle était désagréable avec eux et certains l'ont accusée d'avoir volé des patients.

Pendant les trois premiers mois de l'année, 38 des 83 décès enregistrés dans son service sont survenus lorsqu'elle était de garde, alors que la moyenne des autres infirmières ne dépasse pas 10.

Au début du mois d'avril, une série de coïncidences troublantes a alerté les services sanitaires. Et quand une patiente âgée est décédée peu après la prise de service de l'infirmière, une enquête a été ouverte.

Autopsie sans appel

L'autopsie est alors sans appel: le décès est dû à l'injection d'une dose massive de chlorure de potassium. Et selon le parquet, l'enquête a montré qu'il ne pouvait s'agir d'une erreur et que Daniela Poggiali était la seule à avoir pu faire l'injection.

Mais le chlorure de potassium n'est détectable que dans les jours qui suivent le décès. Il sera alors difficile de prouver une éventuelle intervention humaine sur les 10 cas "très suspects" relevés par le parquet.

Main lourde sur les sédatifs

Selon des témoignages d'anciennes collègues publiés dans la presse, les personnes qui nécessitaient beaucoup de soins ou dont la famille était trop pressante avaient un taux de mortalité élevé lorsque Daniela Poggiali était de service.

Selon ces mêmes témoignages, l'infirmière avait aussi la main lourde sur les sédatifs des patients agités et administrait des laxatifs dans le seul but d'ennuyer les collègues du tour suivant.

Souriante aussi sur les photos menottes aux poignets, elle se dit victime d'un complot.