Un policier tué près de Paris par un homme se réclamant de l'EI

Deux jours après la tuerie d'Orlando, aux États-Unis, un policier âgé de 42 ans a été tué à l'arme blanche devant son domicile situé près de Paris par un homme se réclamant de l'État islamique. Le corps sans vie de la compagne de la victime a également été retrouvé.

14 juin 2016, 06:50
/ Màj. le 14 juin 2016 à 07:48
La France accueille l'Euro de football sur fond de menace terroriste.

Un policier a été tué à l'arme blanche lundi soir en France devant son domicile près de Paris, où son agresseur, se réclamant de l'Etat islamique s'est ensuite retranché. Après un assaut au cours duquel le suspect a été abattu, la police a retrouvé la compagne de la victime également tuée.

Le fils du couple, âgé de trois ans, est quant à lui sain et sauf. "Choqué", il a été pris en charge par les équipes médicales, a indiqué mardi le procureur de Versailles.

 

 

Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Selon des sources concordantes, l'homme s'est revendiqué de l'Etat islamique (EI) durant les négociations avec le RAID, l'unité d'élite de la police nationale. Des témoins ont rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah akbar" en attaquant l'agent, alors en civil.

L'agence Amaq, liée au groupe extrémiste sunnite, a revendiqué l'attaque. "Un combattant de l'Etat islamique tue un responsable adjoint du commissariat de la ville des Mureaux et sa femme", a-t-elle écrit sur son site Internet.

Neuf coups de couteau

L'Élysée a dénoncé un "lâche" assassinat. "Toute la lumière sera faite" sur "la nature exacte" de "ce drame abominable", a déclaré le président français François Hollande.

 

 

Lundi soir vers 21h, le commandant de police du commissariat des Mureaux, âgé de 42 ans, a été tué de neuf coups de couteau à l'abdomen devant son domicile à Magnanville, à une cinquantaine de kilomètres de Paris, par un individu dont on ignore l'identité et les motivations, ont dit pour leur part les autorités françaises. L'assaillant s'est ensuite retranché au domicile de l'agent.

Tous les habitants du quartier autour de la maison ont été évacués, avant qu'un dispositif policier conséquent n'empêche toutes les allées et venues, a constaté un journaliste.

Les policiers du RAID sont rapidement arrivés sur les lieux. "Les négociations ne pouvant aboutir, il a été décidé de donner l'assaut", a précisé un porte-parole du ministère de l'intérieur. De fortes détonations ont retenti vers minuit dans ce quartier résidentiel.

Deux jours après Orlando

"En y entrant les forces de l'ordre (...) ont trouvé le corps d'une femme" et "l'assaillant a été abattu", a rapporté le procureur de Versailles. La compagne du commandant tué était secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, a-t-on appris de source policière.

Ce drame intervient deux jours après la tuerie d'Orlando, aux Etats-Unis, qui a fait 49 morts et une cinquantaine de blessés dans un club homosexuel, un acte perpétré par un Américain d'origine afghane, qui s'est réclamé de l'EI. Ce groupe djihadiste a également revendiqué les attentats du 13 novembre, à Paris, qui ont fait 130 morts.

La France accueille depuis le 10 juin l'Euro de football sur fond de menace terroriste élevée.

Meurtrier connu de la police

L'homme ayant tué un commandant de police et sa compagne lundi soir à Magnanville était connu de la justice antiterroriste. Il avait été condamné en 2013 à trois ans de prison pour avoir participé à une filière d'acheminement de djihadistes vers le Pakistan.

Selon des sources policière et judiciaire, l'homme de 25 ans avait été arrêté en 2011 et condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour avoir participé à cette filière. Il était également connu de la justice pour des actes de délinquance, ont précisé ces sources.