Ukraine: nouvelle flambée de violence à la veille des pourparlers sur le conflit gazier

La tension a grimpé d'un nouveau cran ce lundi en Ukraine, alors que des discussions doivent avoir lieu pour régler le conflit autour de la question du gaz entre Kiev et Moscou. Une violente explosion a notamment secoué Donetsk en début d'après-midi.

20 oct. 2014, 18:15
La Donbas Arena, qui avait accueilli l'Euro 2012, a aussi été frappé par des obus ce lundi.

Bruxelles a fait pression lundi sur les autorités de Kiev pour les convaincre d'accepter un compromis dans le conflit gazier avec Moscou, alors que de nouvelles violences ont éclaté dans l'est de l'Ukraine. De son côté, la Russie a confirmé un coup de froid avec les Etats-Unis.

Le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, et de hauts responsables ukrainiens se sont retrouvés lundi à Kiev. Ils ont tenté de trouver une position commune en vue de la réunion ministérielle consacrée au conflit gazier prévue mardi à Bruxelles.

Ils espèrent obtenir la signature d'un accord intérimaire avec la Russie. Celui-ci prévoirait la livraison de gaz russe en Ukraine cet hiver et son transit vers l'Europe, a indiqué lundi le groupe public ukrainien Naftogaz.

En fin d'après-midi, Angela Merkel a déclaré lundi à Bratislava que les alliés de Kiev devaient l'aider à payer sa dette gazière à la Russie. Pour la chancelière allemande, "chacun doit apporter sa contribution, la Slovaquie aussi. Maintenant, nous cherchons une solution, nous ne l'avons pas encore, et l'hiver arrive déjà".

Puissante explosion

Sur le terrain, une puissante explosion près d'une usine d'armes s'est produite lundi en début d'après-midi dans dans le fief rebelle de Donetsk (est). Des vitres ont volé en éclats sur un rayon de plusieurs kilomètres.

Selon les premières informations, il n'y aurait aucun blessé. Un porte-parole des forces gouvernementales a nié toute implication de l'armée ukrainienne dans cet incident.

La zone, en proie à de vifs combats, n'était pas accessible. D'intenses tirs de roquettes étaient entendus durant l'après-midi en provenance de l'aéroport, un des principaux points de tensions qui persistent depuis l'instauration d'un cessez-le-feu le 5 septembre.

Attaques repoussées

L'armée ukrainienne a par ailleurs indiqué avoir repoussé deux attaques dans la région séparatiste voisine de Lougansk. La première a été perpétrée par des séparatistes près de la localité de Smilé.

La seconde s'est déroulée au poste-frontière de Krasna Talivka à la frontière russe. Elle a été menée par un groupe venant du territoire russe, a précisé un porte-parole militaire, Andriï Lyssenko. Ces violences ont fait au moins deux morts au sein des forces ukrainiennes.

Charniers dans une mine

Pour sa part, Amnesty International (AI) a accusé des forces loyales à Kiev, mais aussi des rebelles prorusses, d'être responsables d'exécutions sommaires dans l'Est séparatiste.

L'organisation a trouvé des preuves de meurtres arbitraires "imputables aux deux parties, mais pas à l'échelle rapportée par les médias et les autorités russes" en ce qui concerne les troupes ukrainiennes, selon un rapport de l'ONG présenté à Kiev.

Amnesty a enquêté en particulier sur les informations concernant les charniers découverts fin septembre dans une mine près du village de Nyjnia Krynka. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, ils contenaient 400 corps.

Sur place peu après cette affirmation, l'ONG a découvert neuf corps. Elle a aussi obtenu "des preuves sur l'implication de forces pro-Kiev dans le meurtre d'au moins quatre personnes", dont un habitant local. Kiev avait auparavant rejeté ces accusations, les qualifiant de "provocation".

Coup de froid

Le coup de froid diplomatique entre Moscou et Washington, survenu en raison du conflit ukrainien, devrait persister, analyse le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il refuse toutefois de parler de "Guerre froide".

"Cette nouvelle période dans nos rapports va durer longtemps", a ajouté Sergueï Lavrov. Il s'est exprimé lors d'une conférence publique au cours de laquelle il a espéré que les relations diplomatiques russo-américaines s'amélioreraient.

Moscou et Washington s'opposent sur différents sujets allant du respect des droits de l'homme au contrôle des armes. La crise ukrainienne a entraîné des sanctions américaines et européennes contre la Russie et un embargo russe sur des importations alimentaires en provenance des puissances occidentales.