Ukraine: les activistes pro-russes assiègent toujours des bâtiments publics

Malgré la venue sur place la veille du Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, des milliers d'activistes pro-russes occupent toujours des bâtiments publics, dans l'est de l'Ukraine.
12 avr. 2014, 09:00
Des milliers d'activistes pro-russes occupaient toujours samedi matin des bâtiments publics dans l'est de l'Ukraine malgré la venue sur place la veille du Premier ministre ukrainien.

Des milliers d'activistes pro-russes occupaient toujours samedi matin des bâtiments publics dans l'est de l'Ukraine malgré la venue sur place la veille du Premier ministre ukrainien. Arseni Iatseniouk s'est voulu apaisant. Il a affirmé qu'il n'y avait "pas de voie pour la force", offrant des garanties aux séparatistes.

M. Iatseniouk a effectué vendredi une visite de quelques heures à Donetsk, l'une des deux grandes villes de l'est russophone où plusieurs milliers d'activistes pro-russes se sont emparés de bâtiments publics.

Les activistes, pour certains armés, occupent depuis dimanche le bâtiment de l'administration régionale à Donetsk et celui des Services de sécurité (SBU) à Lougansk, deux villes situées à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe.

Alors qu'Arsen Avakov, ministre de l'Intérieur du gouvernement arrivé au pouvoir fin février à Kiev après le renversement du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, avait menacé les séparatistes qui ne déposeraient pas les armes de recourir à la force, le Premier ministre s'est lui montré plus rassurant.

Statut des langues

M. Iatseniouk s'est engagé à proposer avant l'élection présidentielle anticipée du 25 mai des révisions constitutionnelles pour "équilibrer les pouvoirs entre le pouvoir central et les régions". Et il a promis de ne toucher "sous aucun prétexte" aux lois garantissant le statut des langues autres que l'ukrainien.

Mais les séparatistes, soutenus par la Russie, exigent une "fédéralisation" de la Constitution ukrainienne. Ce que refuse le pouvoir pro-occidental de Kiev, non reconnu par Moscou, qui y voit la porte ouverte à un éclatement du pays et refuse d'aller plus loin qu'une "décentralisation".

M. Iatseniouk n'a eu aucun contact direct avec les insurgés. Mais Rinat Akhmetov, homme le plus riche du pays et qui exerce une grande influence dans la région, participait vendredi aux discussions et a déjà servi d'intermédiaire.

Genève

Par ailleurs, pour tenter de dénouer la crise Est-Ouest suscitée par les événements d'Ukraine, la pire depuis la fin de la guerre froide, une réunion quadripartite se tiendra le 17 avril prochain à Genève entre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne, a annoncé vendredi le département d'Etat américain.

Le secrétaire d'Etat John Kerry ira à Genève pour "poursuivre les efforts de désescalade de la situation en Ukraine et pour trouver une voie diplomatique", a indiqué le département d'Etat. L'Ukraine devrait être représentée à Genève par son ministre des affaires étrangères Andrii Dechtchitsa, et l'UE par Catherine Ashton.