Ukraine: Espoir dans les deux camps d'un cessez-le-feu pour vendredi

Si la réunion prévue vendredi à Minsk pour la signature d'un plan de paix est confirmée, les forces ukrainiennes et les séparatistes proclameront un cessez-le-feu.

04 sept. 2014, 19:10
epa04382946 Ukrainian tanks drive on a road on the outskirts in the eastern Ukrainian city Slaviansk, Ukraine, 03 September 2014. Russian President Vladimir Putin and Ukrainian President Petro Poroshenko agreed on joint steps to solve the conflict in eastern Ukraine, the offices of both leaders said on 03 September after a telephone conversation between the two.  EPA/ROMAN PILIPEY

Le gouvernement ukrainien et les rebelles séparatistes prorusses ont annoncé jeudi qu'ils proclameraient vendredi un cessez-le-feu si un accord est signé ce jour-là à Minsk sur un règlement du conflit. Cette avancée intervient alors que les membres de l'OTAN, réunis au Pays de Galles, ont dénoncé l'attitude de Moscou.

A Newport, où s'est en effet ouvert le sommet de l'OTAN, les dirigeants occidentaux ont critiqué Moscou, accusée de participer directement aux combats aux côtés des rebelles. Ils ont également apporté leur soutien au président ukrainien Petro Porochenko.

Dans un éditorial commun publié jeudi, Barack Obama et le premier ministre britannique David Cameron accusent la Russie d'avoir "réduit en morceaux" le code de bonne conduite des relations internationales avec son annexion "illégale" de la Crimée en mars et l'envoi de soldats en territoire ukrainien.

De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé les Etats-Unis de chercher à saboter les chances de règlement par leur "rhétorique antirusse" et leur "soutien actif" au "parti de la guerre" à Kiev.

Tous les regards tournés sur Minsk

Dans ce contexte de grande méfiance, M. Porochenko a lui annoncé que les forces ukrainiennes recevraient l'ordre de cessez-le-feu vendredi à 11h00 GMT (13h00 en Suisse) si la réunion du "groupe de contact" prévue le même jour dans la capitale biélorusse pour la signature d'un plan de paix détaillé est confirmée.

Alexandre Zakhartchenko et Igor Plotnitski, chefs des "Républiques populaires" proclamées par les séparatistes à Donetsk et Louhansk, ont à leur tour annoncé que leurs combattants recevront l'ordre de cesser le feu vendredi à 15h00, heure locale (14h00 en Suisse) si un accord est conclu lors de la rencontre de Minsk.

Le "groupe de contact" rassemblera des représentants ukrainiens et russes, ainsi que des membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont la Suisse assure la présidence tournante cette année.

Mercredi, le président russe Vladimir Poutine avait proposé un plan de paix en sept points afin de mettre fin à la crise, prévoyant notamment la création d'un corridor humanitaire pour les réfugiés et un échange de prisonniers. Jeudi, les séparatistes ont repris les grandes lignes de ce plan et proposé la mise en place d'une "zone de sécurité" surveillée par l'OSCE.

Le secrétaire général de l'OTAN a pour sa part enjoint jeudi à la Russie de retirer ses troupes présentes en Ukraine et de cesser de soutenir les séparatistes. Le même jour, le Pentagone américain a affirmé que Moscou a "massé des forces sans précédent" à la frontière ukrainienne.

Bataille pour un verrou stratégique

Malgré cette note d'espoir, de nombreuses explosions se sont produites jeudi aux abords du port stratégique ukrainien de Marioupol sur les bords de la mer d'Azov, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Un soldat ukrainien du bataillon Azov, interrogé dans un quartier de l'est de Marioupol, a dit avoir vu des séparatistes pro-russes s'avancer vers la ville, appuyés par des chars, des véhicules blindés de transport de troupes et de l'artillerie.

Marioupol est une ville stratégique, un verrou entre les territoires que contrôlent les rebelles autour de Donetsk, plus au nord, et la péninsule de Crimée, vers l'ouest, que la Russie a annexée en mars dernier. La semaine dernière, les insurgés ont pris Novoazovsk, à une quarantaine de kilomètres seulement de Marioupol.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des obus sont tombés sur Petrovka, un quartier résidentiel de Donetsk. Toujours dans cette ville, une femme a été tuée par des tirs d'artillerie jeudi.