Turquie: les manifestants sont de retour à Taksim, menacés par le ministre de l'intérieur

Chassés par les forces de l'ordre la veille, les manifestants se sont à nouveau réunis sur la place Taksim à Istanbul. Ils ont réinvesti les lieux dans la nuit de mercredi à jeudi.

13 juin 2013, 10:46
Protesters form a human chain in front of police forces at Taksim Square in Istanbul late Wednesday, June 12, 2013. Turkey's government on Wednesday offered a first concrete gesture aimed at ending nearly two weeks of street protests, proposing a referendum on a development project in Istanbul that triggered demonstrations that have become the biggest challenge to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan's 10-year tenure. (AP Photo/Thanassis Stavrakis)

Des centaines de manifestants se sont à nouveau réunis dans la nuit de mercredi à jeudi sur la place Taksim à Istanbul. Ils chantent des slogans antigouvernementaux et défient l'injonction du premier ministre Recep Tayyip Erdogan de quitter les lieux.

Le vice-président du Parti de la Justice et du Développement (AKP au pouvoir) a rappelé mercredi soir que les protestataires devaient quitter le parc Gezi, voisin de la place, point de départ de la contestation il y a près de deux semaines. Dans son intervention, Huseyin Celik a toutefois fait une concession en offrant l'organisation d'un référendum sur le projet de développement immobilier qui a mis le feu aux poudres.

Cette offre d'une consultation populaire est le seul geste d'apaisement accompli par le gouvernement turc qui s'en tient à une rhétorique ferme déclinée par Erdogan à chacune de ses interventions.

Pas de détails

Le responsable n'a pas fourni de précisions sur l'organisation de ce référendum, ni indiqué s'il concernerait toute la ville d'Istanbul ou seulement le quartier de Taksim.

Des policiers anti-émeutes se tenaient aux abords du quartier dans le centre d'Istanbul alors que la nuit venue, des manifestants chantaient et dansaient tandis que d'autres applaudissaient un concert improvisé donné par un pianiste installé au centre de la place.

"Le gouvernement ne peut pas accepter que ces manifestations se poursuivent indéfiniment", a commenté Celik dans une déclaration faite à Ankara après une rencontre entre Erdogan et des représentants des opposants au projet d'aménagement urbain. "Ceux qui ont de mauvaises intentions ou ceux qui cherchent à provoquer et qui restent dans le parc devront faire face à la police", a-t-il prévenu.

Mettre fin à l'occupation

Le ministre turc de l'Intérieur Muammer Güler a estimé jeudi que l'occupation du parc Gezi d'Istanbul devait cesser rapidement. "Depuis le 1er juin, certains groupes occupent un espace public et en empêchent l'accès à d'autres (...) tout ceci doit s'arrêter avant que cela ne cause encore plus de tension. Cette situation n'est pas acceptable dans une démocratie", a estimé Muammer Güler devant la presse à Ankara."Nous avons pris les mesures de sécurité nécessaires. La police est prête chaque jour à restaurer l'ordre et à assurer la sécurité", a-t-il ajouté.

Selon un bilan fourni par les autorités sanitaires turques, ces troubles ont fait quatre morts, dont un policier, et environ 5000 blessés.