Turquie: Erdogan s'en prend à la justice italienne qui enquête sur son fils Bilal

Le président turc Recep Tayip Erdogan demande à la justice italienne de s'occuper de la mafia plutôt que d'enquêter sur les activités de son fils. Il menace les relations diplomatique avec l'Italie, dont le chef du gouvernement rappelle que la justice de son pays est indépendante.

02 août 2016, 20:04
Le président turc s'en prend désormais à la justice italienne. Plus généralement, il accuse l'Occident de soutenir le PKK et les putschistes.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a sommé mardi les juges italiens de s'occuper de la mafia plutôt que de son fils. Il assure qu'une enquête judiciaire en cours pour blanchiment d'argent risque de compromettre les relations entre les deux pays.

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a répliqué d'un tweet lapidaire dans l'après-midi: "Dans ce pays, les juges suivent la loi et la Constitution italienne, pas le président turc. Cela s'appelle 'l'Etat de droit'".

 

Bilal Erdogan, fils aîné du président islamo-conservateur, fait l'objet d'une enquête ouverte en février par le parquet de Bologne (centre-nord) à la suite d'une plainte déposée par un entrepreneur turc. Ce dernier, un opposant en exil, assure que Bilal a fui en Italie "avec une grosse somme d'argent" et une équipe de gardes du corps armés qui ont utilisé des passeports diplomatiques.

Bilal, qui s'était rendu à Bologne pour achever un doctorat, est l'un des principaux suspects dans un gros scandale de corruption révélé en décembre 2013. Toutes les enquêtes concernant celui-ci ont été classées.

 

"Mon fils devrait retourner à Bologne pour terminer son doctorat", mais risque d'être arrêté, a encore déclaré M. Erdogan, dans une interview à la télévision italienne. "Dans cette ville, ils m'appellent dictateur et ils manifestent pour le PKK. Pourquoi personne n'intervient ? C'est ça l'Etat de droit ? Son affaire pourrait compromettre nos relations avec l'Italie", a-t-il ajouté.

M. Erdogan fait l'objet de vives critiques pour son entreprise de répression tous azimuts après un putsch manqué il y a deux semaines.