Turquie: Erdogan rejette d'avance le vote européen sur le terme de "génocide" arménien

Alors que le Parlement européen doit se prononcer ce mercredi sur la qualification en "génocide" des massacres d'Arméniens en 1915, le président turc Erdogan a rejeté par avance toute décision.

15 avr. 2015, 12:43
Recep Tayyip Erdogan l'a répété: les Turcs n'ont commis aucun génocide à l'encontre des Arméniens.

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi qu'il rejetait par avance le vote du Parlement européen qui doit se prononcer sur la qualification en "génocide" des massacres d'Arméniens en 1915. Il s'exprimait devant la presse avant de s'envoler pour une visite officielle au Kazakhstan voisin.

"Je ne sais pas quelle décision ils (les députés européens) vont prendre", a indiqué mercredi le chef de l'Etat turc. "Personnellement je ne m'en préoccupe pas car nous (les Turcs) ne portons pas la tache ou l'ombre d'un génocide", a-t-il encore ajouté.

Recep Tayyip Erdogan a également souligné que son pays accueillait actuellement quelque 100'000 Arméniens de la diaspora vivant en Turquie. "Nous aurions pu les déporter mais nous ne l'avons pas fait. Ils sont toujours les bienvenus dans notre pays", a-t-il insisté, jugeant "incompréhensibles" les critiques adressées à son pays, qui "fait preuve d'hospitalité".

Le Parlement européen doit se prononcer mercredi sur une résolution concernant "la commémoration du centenaire du génocide arménien", le 24 avril prochain.

"Délires"

Ce vote intervient trois jours après que le pape François a évoqué le "génocide" de centaines de milliers d'Arméniens perpétré par l'Empire ottoman pendant la Première guerre mondiale. Des propos qui ont provoqué la fureur des autorités turques.

Mardi, M. Erdogan s'est dit "consterné" par les déclarations du souverain pontife, évoquant des "délires" et plaidé pour laisser la question aux seuls historiens.

La Turquie nie catégoriquement que l'Empire ottoman ait organisé le massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première guerre mondiale. Elle récuse le terme de "génocide" repris par l'Arménie, de nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France, l'Italie et la Russie.