Turquie: des millions ont été versés au fonds de l'un des fils Erdogan

Plus de 100 millions de dollars de dons (877 millions de francs suisse) ont bel et bien été versés sur la fondations dirigée par l'un des fils du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. C'est le gouvernement turc qui le confirme.
10 avr. 2014, 16:57
Une fondation dirigée par un des fils du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, (à gauche) a reçu plus de 100 millions de dollars de dons, a indiqué le vice-Premier ministre Bülent Arinç (à droite).

Une fondation dirigée par un des fils du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, mise en cause dans l'enquête anticorruption qui éclabousse son gouvernement, a reçu plus de 100 millions de dollars de dons. Cette information a été confirmée jeudi par le gouvernement turc.

De 2008 à 2012, cette Fondation pour l'éducation (Türgev) a bénéficié de 99,999 millions de dollars (72 millions d'euros) de versements de l'étranger et de 14,1 millions (10,2 millions euros) de Turquie, a indiqué le vice-Premier ministre Bülent Arinç dans une réponse à une question écrite d'un député de l'opposition.

M. Arinç n'a pas précisé la provenance de ces dons dans sa réponse.

La Türgev, dont Bilal Erdogan, 34 ans, est l'un des membres du conseil d'administration, est chargée de fournir des logements et des bourses aux étudiants turcs.

Trafic d'influence

Les procureurs initialement en charge de l'enquête de corruption lancée le 17 décembre, tous mutés depuis, ont soupçonné le fils du chef du gouvernement de trafic d'influence dans le cadre de ses fonctions à la Türgev. Bilal Erdogan a finalement été entendu comme simple témoin quelques semaines plus tard par un autre procureur, sans être poursuivi.

Le Premier ministre a catégoriquement démenti ces accusations. "Si un de mes enfants était impliqué dans une telle affaire, je l'aurais immédiatement renié", a-t-il déclaré.

En février, des compte-rendus de conversations téléphoniques piratées entre M. Erdogan et son fils ont été diffusés sur internet. Dans l'un d'eux, le chef du gouvernement conseillait à son fils de se débarrasser rapidement de plusieurs dizaines de millions d'euros, quelques heures après le premier coup de filet policier qui a lancé l'enquête.

M. Erdogan accuse depuis des mois ses anciens alliés de l'organisation du prédicateur musulman Fethulah Gülen d'être à l'origine de ces accusations et de comploter contre lui. Après sa victoire aux élections municipales du 30 mars, il a promis de régler son compte à l'organisation de M. Gülen, qui vit aux Etats-Unis.