Tunisie: «Plusieurs terroristes» tués dans une opération militaire

Un opération de l'armée tunisienne, en collaboration avec les forces spéciales du ministère de l'Intérieur de la garde nationale, aurait déjà fait plusieurs morts. Le combat se poursuit.
18 oct. 2013, 13:12
Une opération militaire est en cours en Tunisie contre un groupe armée d'une vingtaine de combattants. Elle aurait déjà fait plusieurs morts.

«Plusieurs terroristes» ont été tués lors d'une manoeuvre militaire et policière d'envergure en Tunisie, a indiqué vendredi à l'AFP le ministère de l'Intérieur. L'opération visait à neutraliser un groupe radical islamiste armé, soupçonné d'être responsable de la mort de deux gendarmes jeudi.

«Les forces spéciales du ministère de l'Intérieur, de la garde nationale (gendarmerie) et de l'armée participent à cette opération. Elle a commencé avec un bombardement aérien et maintenant nous sommes dans la phase terrestre», a indiqué le porte-parole du ministère, Mohamed Ali Aroui.

Selon lui, «plusieurs terroristes ont été tués, mais on ne peut pas dire combien car l'opération est toujours en cours».

Le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a pour sa part indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi à la radio Mosaïque FM que le groupe armé était composé de 20 à 25 combattants. Il a ensuite annoncé à la télévision d'Etat l'arrestation de plusieurs militants du groupe radical islamiste Ansar al Charia, affilié à Al Qaïda selon Tunis.

Quatre morts

Jeudi, deux gendarmes ont été tués et un troisième blessé par des tirs de membres d'Ansar al Charia dans le district de Goubellat de la région de Béja, à 70 km à l'ouest de Tunis. Ils ont été pris pour cible alors qu'ils allaient vérifier une information faisant état de la présence d'un groupe armé dans une maison de la région. Deux insurgés ont aussi été tués, selon les services de sécurité.

Ennahda, le parti islamiste modéré au pouvoir, a classé il y a deux mois Ansar al Charia comme organisation terroriste. Il l'accuse d'être responsable de l'assassinat de deux grandes figures de l'opposition laïque en février et juillet dernier, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Président et Premier ministre chassés

Le président tunisien Moncef Marzouki et le Premier ministre Ali Larayedh ont été chassés vendredi par des représentants d'un syndicat de police lors de la cérémonie d'hommage des deux gendarmes, à la caserne de L'Aouina en banlieue de Tunis.

Seul le ministre de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou a pu y assister. «Nous sommes tous contre le terrorisme, c'est une guerre et on ne va pas arrêterla lutte» , a-t-il dit dans un bref discours.

Les syndicats des forces de l'ordre ont organisé ces derniers mois plusieurs manifestations afin de dénoncer leur manque de moyens pour lutter contre les groupes armés liés à la mouvance jihadiste. C'est la première fois que des représentants de la police et de la garde nationale s'en prennent aux plus hauts représentants de l'Etat.

Longue traque

Les autorités tunisiennes, confrontées à l'essor de la mouvance jihadiste armée depuis la révolution de 2011, n'avaient pas fait état jusqu'à présent de la présence de combattants clandestins dans cette zone.

Les forces tunisiennes traquent cependant depuis des mois des combattants jihadistes à la frontière algérienne, en particulier au Mont Chaambi (centre-ouest) où une quinzaine de policiers et soldats ont été tués depuis fin 2012.