Tunisie: le pays est sous tension après un congrès salafiste

La Tunisie est sur le qui-vive ce samedi. Des militants salafistes jihadistes ont maintenu leur congrès à Kairouan malgré l'interdiction prononcée par le gouvernement.

18 mai 2013, 14:10
Les forces tunisiennes étaient sur le qui-vive samedi de craintes de confrontation avec des militants salafistes jihadistes. Ceux-ci ont maintenu leur congrès à Kairouan dimanche malgré l'interdiction prononcée par le gouvernement.

Les forces tunisiennes étaient sur le qui-vive samedi de craintes de confrontation avec des militants salafistes jihadistes. Ceux-ci ont maintenu leur congrès à Kairouan dimanche malgré l'interdiction prononcée par le gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda.

Sur la route de Kairouan, à 150 km au sud de Tunis, d'importants renforts policiers étaient déployés aux péages, a constaté une journaliste de l'AFP. Les agents fouillaient en particulier les "louages", ces transports collectifs reliant les villes tunisiennes.

A Tunis aussi, les forces tunisiennes étaient visibles en nombre, fourgons de la police et camions de l'armée patrouillant en centre-ville et dans les quartiers considérés comme des bastions d'Ansar Ashariaa. C'est l'organisation qui a décidé de défier les autorités en maintenant son congrès.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé vendredi interdire le rassemblement du principal mouvement salafiste du pays en raison "de la menace qu'il représente pour la sécurité et l'ordre public". Ansar Ashariaa a décidé de passer outre, appelant les 40'000 militants qu'il revendique à venir à Kairouan, ville réputée comme étant le centre spirituel et religieux de la Tunisie.

Fermeté du pouvoir

Les politiques et médias ont dans l'ensemble salué la fermeté du pouvoir, tout en craignant que la situation dégénère en confrontation violente. Le parti islamiste radical Hizb ut Tahrir a lui dénoncé la décision d'interdire le rassemblement mais a appelé les organisateurs à s'y plier pour éviter toute effusion de sang.

Le bras de fer entre le gouvernement et les groupuscules salafistes, jusqu'alors tolérés par le parti au pouvoir Ennahda, s'est accentué après que les autorités ont reconnu la présence de combattants d'Al-Qaïda en Tunisie. Les forces de sécurité et les militaires pourchassent depuis fin avril des groupes armés retranchés dans l'ouest du pays, près de l'Algérie. Seize soldats et gendarmes ont été blessés par des mines artisanales lors de cette traque.

La Tunisie a vu depuis la révolution se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique, faute de consensus sur une nouvelle Constitution, et la multiplication des conflits sociaux face à la misère et la pauvreté.