Train fou de Lac-Mégantic: le fleuve Saint-Laurent menacé de pollution

Une erreur de manipulation des freins pourrait être à l'origine de la catastrophe ferroviaire impliquant un convoi de wagons transportant du pétrole et qui a fait 13 morts à Lac-Mégantic au Québec. Le fleuve Saint-Laurent est lui menacé de pollution.

09 juil. 2013, 07:09
La catastrophe ferroviaire impliquant un convoi de wagons transportant du pétrole qui a fait 13 morts à Lac-Mégantic au Québec pourrait être liée à une erreur de manipulation des freins. Le fleuve Saint-Laurent est menacé par le brut qui s'est échappé.

La catastrophe ferroviaire impliquant un convoi de wagons transportant du pétrole qui a fait 13 morts à Lac-Mégantic au Québec pourrait être liée à une erreur de manipulation des freins. Le fleuve Saint-Laurent est menacé par le brut qui s'est échappé.

Le bilan provisoire de cet accident a été porté à 13 morts après la découverte de huit nouveaux corps lundi mais de nombreuses zones restent inaccessibles car trop dangereuses et le nombre des disparus est toujours de 50 environ, a indiqué la police canadienne.

L'enquête indépendante ouverte par le Bureau canadien de la sécurité des transports (BST) semble se concentrer sur une des cinq locomotives du convoi, qui transportait 72 wagons-citernes.

Venu constater l'ampleur du drame, le ministre canadien des Transports, Denis Lebel, a toutefois affirmé que "la locomotive en cause" avait été inspectée le 5 juillet, la veille de l'accident, par un agent du ministère qui "n'avait décelé aucune lacune".

Les pompiers, appelés pour éteindre un feu qui s'était déclaré sur le moteur de l'une des cinq locomotives du convoi peu de temps auparavant, ont coupé ce moteur qui alimentait en électricité les freins pneumatiques du train stationné sur une pente près de la ville de Nantes à 12 km de Lac-Mégantic.

72 wagons dans la pente

Le conducteur du train avait laissé le moteur en marche afin de maintenir la pression des freins pneumatiques. Selon le président de la compagnie ferroviaire locale, la pression a peu à peu commencé "à fuir" rendant les freins inopérants et entraînant la mise en mouvement du convoi de 72 wagons dans la pente.

Emporté par sa vitesse, le train a déraillé et au moins quatre wagons ont explosé, provoquant une gigantesque boule de feu au coeur de cette petite ville de 6000 habitants à 250 kilomètres à l'est de Montréal, dont le tiers a été évacué.

"J'ai entendu un bruit de ferraille, plus fort que d'habitude. Je suis allé sur le balcon et j'ai vu le train qui roulait extrêmement vite", a raconté Ghislain Bisson qui regardait la télévision lorsque l'accident s'est produit, vers une heure du matin samedi.

"Et puis je l'ai vu dérailler et venir s'encastrer directement dans un bâtiment. Il y a eu une explosion, j'ai réveillé mon amie et je lui ai dit: on doit partir, on va mourir ici". Il a ajouté: "Ma compagne a des cousins qui sont probablement morts maintenant, on en est sûrs à 99%".

Menace de pollution

Par ailleurs, quelque 100'000 litres de pétrole provenant des wagons-citernes se trouvent sur la rivière Chaudière et le brut pourrait atteindre le fleuve Saint-Laurent lundi soir, ont indiqué lundi les autorités.

C'est "une question d'heures" avant que le pétrole ne se jette dans ce fleuve reliant les Grands lacs à l'Océan Atlantique, a souligné Eric Cardinal, un porte-parole du ministre québécois de l'Environnement. "Toutes les ressources sont déployées pour limiter au maximum la quantité qui pourrait se rendre" dans le fleuve Saint-Laurent, a-t-il ajouté, évoquant "une crainte raisonnable".

Le brut se trouvait vers 16h00 (22h00 en Suisse) au niveau de la ville de Saint-Georges, à moins de 100 km de l'embouchure se situant sur la rive sud de la ville de Québec, capitale de la province francophone. Chaque wagon-citerne accidenté transportait 113'000 litres de pétrole brut du Dakota du Nord vers l'est du Canada.

SR 111

Les livraisons de brut par voie ferrée sont en constante augmentation en Amérique du Nord, à mesure que la production pétrolière des régions de l'Ouest comme l'Alberta et le Dakota du Nord augmente.

L'accident le plus meurtrier qu'ait connu le Canada remonte à 1998, quand un avion de la Swissair s'est abîmé au large de la Nouvelle-Ecosse, faisant 229 morts.