Tibet: un ver de terre qui se vend 5 fois plus plus cher que le caviar est en voie de disparition

Moitié végétal, moitié animal, le yartsa est une sorte de champignon-chenille qui pousse sur les pentes de l’Himalaya. Très prisé par les Chinois pour ses vertus médicinales, il est désormais en voie de disparition.

01 déc. 2016, 16:27
C'est au moment où le champignon sort du corps du ver qu'il a atteint sa maturité.

Curieuse destinée que celle du yartsa gunbu. Ce ver de terre qui vit dans les sols tibétains est rongé de l’intérieur par un champignon qui grossit, grossit. Lorsqu’il arrive à maturité, il «tue» le ver et lui transperce la tête. C'est à cet instant qu'il faut tomber sur lui en creusant! C'est le champignon (Ophiocordyceps sinensis) qui intéresse les consommateurs et la médecine chinoise. Car on lui prête des pouvoirs quasi miraculeux. Il guérirait de l’asthme au cancer et même le sida, prétendent certains. Ajoutez à cela des vertus aphrodisiaques et vous comprendrez pourquoi ce curieux spécimen de champignon est si apprécié des Chinois, rapporte Le Point.

En dessins et en photos, voici comment se développe le yartsa:

 

Pour le cueillir, les paysans raclent les pentes de l’Himalaya, à 4500 mètres d’altitude. Un travail fastidieux. Le ver tibétain  se consomme principalement en soupe.

Côté budget, il faut compter environ 21'500 francs pour un kilo de ses bestioles. Cinq fois plus cher que le caviar! Mais une même quantité de haute qualité peut se négocier jusqu’à 108'000 francs, selon le National Geographic. Posséder dans ses placards à cuisine un bocal de yartsa confère un certain statut social, relate la BBC.

 

Revers de la médaille, le succès de cet animal-plante pourrait bien causer sa perte. Comme toutes les espèces prisées notamment pour leur pouvoir aphrodisiaque (corne de rhinocéros, aileron de requin, concombre de mer,…), le yartsa est en voie de disparition sur les pentes himalayennes.