Tibet: le premier ministre fait appel à la communauté internationale

Lobsang Sangay, premier ministre tibétain en exil en Inde, a demandé à la communauté internationale d'intervenir.

25 janv. 2012, 07:43
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Le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil a exhorté mercredi la communauté internationale à «intervenir» pour mettre fin aux violences entre manifestants et policiers chinois qui ont fait plusieurs morts. Deux manifestants ont encore été tués mardi dans le Sichuan, selon une ONG.

La communauté internationale ne peut pas «rester passive» et il est «grand temps qu'elle intervienne pour empêcher un nouveau bain de sang», a déclaré dans un communiqué Lobsang Sangay, chef du gouvernement tibétain en exil basé à Dharamsala, dans le nord de l'Inde.

«Combien de temps encore et combien de morts tragiques sont nécessaires avant que le monde prenne une position morale ferme» ?, a-t-il interrogé.

Deux morts

De nouvelles violences entre manifestants tibétains et police chinoise ont fait au moins deux morts mardi lorsque les forces chinoises ont ouvert le feu dans la localité de Seda, dans la province du Sichuan (sud-ouest), selon l'organisation Free Tibet. Free Tibet avait fait état d'un mort lundi dans la même préfecture.

La station américaine Radio Free Asia (RFA) a rapporté de son côté que les forces chinoises avaient «tué par balles jusqu'à cinq Tibétains et grièvement blessé 40 autres».

Pour Lobsang Sangay, «le silence de la communauté internationale envoie un message clair à la Chine selon lequel ses mesures répressives et violentes pour régler les tensions dans les régions tibétaines sont acceptables».

«Groupes séparatistes» accusés

Ces violences sont les plus graves depuis les émeutes antichinoises de 2008 au Tibet, selon une ONG. Elles ont forcé le gouvernement chinois à sortir exceptionnellement de son silence habituel en période de Nouvel an lunaire.

Pékin a accusé «des groupes séparatistes étrangers» de vouloir déstabiliser le régime. «Les tentatives de groupes séparatistes pro- Tibet basés à l'étranger pour travestir la vérité et discréditer le gouvernement chinois ne réussiront pas», a mis en garde le porte- parole de la diplomatie chinoise, Hong Lei.

En moins d'un an, plus d'une quinzaine de Tibétains ont ainsi mis fin à leurs jours ou ont tenté de le faire pour protester contre la répression de la liberté de culte dans les régions tibétaines en Chine.

La Chine affirme avoir «libéré pacifiquement» le Tibet en 1951 et amélioré le sort des Tibétains en fournissant des fonds pour le développement économique de cette région pauvre et isolée.