Thaïlande: des milliers de manifestants lancent la "bataille finale"

Les opposants thaïlandais comptent bien profiter de l'affaiblissement du gouvernement en lançant la "bataille finale" vendredi.

09 mai 2014, 08:19
Des centaines de policiers ont été déployés à travers les rues de Bangkok, alors que des violences sont redoutées.

Des milliers de manifestants thaïlandais ont lancé vendredi leur "bataille finale" contre le gouvernement. Ils espèrent profiter de la faiblesse du gouvernement, deux jours après le limogeage de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

"Nous allons reprendre le pouvoir souverain et mettre en place un gouvernement du peuple", a déclaré le chef de l'opposition Suthep Thaugsuban au départ d'une marche vers le siège du gouvernement, inutilisé depuis des mois en raison des manifestations. Un cortège a aussi été lancé en direction de "toutes les chaînes de télévision".

"Nous demandons aux habitants d'encercler les véhicules et les QG de la police, afin de les empêcher de faire du mal aux nôtres", a ajouté cet ex-vice-Premier ministre, connu pour ses déclarations hyperboliques. Il a ainsi déjà annoncé plusieurs fois le "jour de la victoire".

Des centaines de policiers ont été déployés à travers les rues de Bangkok, alors que des violences sont redoutées, la crise ayant déjà fait au moins 25 morts en six mois. D'autant plus que les Chemises rouges pro-gouvernementales ont annoncé pour samedi une grande manifestation à Bangkok.

Une destitution

Contestée depuis des mois, la Première ministre Yingluck Shinawatra a été destituée mercredi par la Cour constitutionnelle, laquelle est accusée de faire partie d'une "coalition des élites" royalistes contre le gouvernement.

Jeudi, elle a été reconnue coupable de négligence dans le cadre d'un programme controversé de subvention aux riziculteurs. Mais un gouvernement intérimaire, avec une vingtaine de ministres ayant survécu au limogeage, reste en place. Ce "coup d'Etat judiciaire" contre l'exécutif, attendu depuis semaines, n'est donc que partiel.

Mais les manifestants d'opposition comptent bien profiter du moment de faiblesse du gouvernement intérimaire. Ils refusent les élections législatives prévues le 20 juillet et veulent instaurer à la place un "conseil du peuple", non élu, en charge de "réformes" du système. Celui-ci est gangréné par la corruption, selon eux, par des années de gouvernements pro-Thaksin, le frère de Mme Yingluck.

Thaksin Shinawatra a été renversé par un coup d'Etat en 2006, et vit en exil pour fuir une condamnation pour malversations financières, politique selon lui.