Syrie: les rebelles se rapprochent d'Assad

Les rebelles syriens renforcent leurs positions dans la capitale Damas. Ils seraient maintenant proche du siège du gouvernement Assad et plusieurs démissions s'ajoutent au sein du gouvernement.
06 août 2015, 15:16
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Les rebelles syriens ont encerclé mercredi une base aérienne proche de Damas, signe d'une intensification des combats autour de la capitale. Cette escalade intervient au lendemain du feu vert de l'OTAN au déploiement de missiles de défense Patriot en Turquie voisine.

Sur le terrain, les insurgés disent avoir encerclé la base d'Aqraba, à environ quatre kilomètres de Damas. Ils se rapprochent ainsi du siège du gouvernement Assad. La bataille se jouait jusqu'à présent surtout dans les zones rurales.

"Nous ne contrôlons toujours pas la base aérienne mais les combattants sont en train de l'étrangler. Nous espérons pouvoir la prendre dans les heures qui viennent", a déclaré un porte-parole de la brigade rebelle Habib al Moustafa.

Les insurgés ont également annoncé que des représentants de leurs groupes armés devaient se réunir en Turquie avec des responsables de la nouvelle Coalition nationale. Ce groupe d'opposition projette de créer un gouvernement transitoire en exil.

Pire bombardement

Les rebelles ont par ailleurs capturé une unité de soldats de l'armée de l'air, en tuant et en emprisonnant des dizaines alors que d'autres se sont échappés, a ajouté le même porte-parole Abou Nidal. Ces informations n'ont pu être vérifiées.

Des raids aériens et l'artillerie pilonnent des positions rebelles dans la banlieue de la capitale depuis plus d'une semaine. Les insurgés considèrent qu'il s'agit du pire bombardement survenu dans la région. Les forces loyalistes ont réussi à repousser les rebelles à 9 kilomètres de Damas, selon une source gouvernementale.

Environ 160 personnes ont été tuées dans le pays mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme basé à Londres et proche de l'opposition.

L'arrivée des combats près de la capitale syrienne a poussé les compagnies aériennes étrangères à suspendre leurs vols. Elle a également incité l'ONU et l'Union européenne à y réduire leur présence.

Démissions

Par ailleurs, le vice-gouverneur de la province syrienne de Raqa (nord) et huit membres de son bureau ont démissionné. Ils protestent ainsi contre les ingérences des services de renseignement dans leur travail, a rapporté mercredi l'OSDH. "Il s'agit des plus hautes autorités au niveau local", a souligné un militant dans la région.

Mardi, l'OTAN a accepté de déployer des batteries de missiles Patriot américains, allemands et néerlandais à la frontière syro-turque pour aider Ankara. La Turquie est un membre de l'OTAN hostile au président Bachar al Assad. Elle accueille sur son sol des milliers de réfugiés syriens.

Cette décision va entraîner l'envoi de troupes américaines et européennes à la frontière syrienne. C'est la première fois que ce cas de figure se présente depuis le début du conflit.

Mercredi, Hillary Clinton a réitéré la mise en garde formulée par le président américain en début de semaine sur un possible recours aux armes chimiques. La secrétaire d'Etat américaine a déclaré que cela équivaudrait à franchir la ligne rouge.