Syrie: les djihadistes ont décapité un 2e journaliste américain

Les djihadistes de l'Etat islamique poursuivent leur politique de menaces sur l'Occident et l'Amérique en particulier. Après James Foley, c'est un autre journaliste américain, Steven Sotloff, qui apparaît dans une vidéo mettant en scène sa décapitation.

03 sept. 2014, 07:02
Selon les premières analyses, le bourreau serait le même que celui qui a exécuté James Foley.

'Etat islamique (EI) a revendiqué mardi la décapitation d'un deuxième journaliste américain. Après cette exécution, non encore confirmée, des parlementaires américains ont réclamé à Barack Obama la mise en place urgente d'un plan pour vaincre l'EI en Syrie et en Irak.

La nouvelle vidéo de l'EI rappelle la mise en scène de la décapitation du journaliste américain James Foley diffusée le 19 août. Dans le document de mardi, son confrère Steven Sotloff trouve la mort. L'EI revendique cet acte, rapporte le centre américain SITE de veille des sites islamistes.

Les images montrent un homme masqué et vêtu de noir. Celui-ci présente Steven Sotloff, 31 ans, comme victime des frappes aériennes américaines contre l'Etat islamique. Il désigne ensuite un autre otage, un Britannique, qu'il nomme David Haines, et met en garde les Etats contre tout soutien à "l'alliance diabolique de l'Amérique contre l'Etat islamique".

Dans la vidéo, Steven Sotloff dit lui-même "payer (de sa vie) le prix" de l'intervention américaine en Irak. Les djihadistes justifient l'exécution de leurs otages comme une mesure de représailles aux frappes aériennes menées depuis la mi-août par les Etats-Unis contre les combattants djihadistes dans le nord de l'Irak.

Journaliste freelance

Le bourreau présumé de l'exécution semble être le même que celui qui était apparu dans la vidéo du 19 août. Il a le même accent britannique, le décor désertique est également similaire et les captifs portent à nouveau des combinaisons orange.

Steven Sotloff, un journaliste freelance, avait été enlevé durant l'été 2013 dans le nord de la Syrie. Le 27 août dernier, sa mère, Shirley, s'était adressée directement au chef de l'Etat islamique, Abou Bakr al Bagdadi, dans un message vidéo, pour demander sa libération.

Pas encore confirmé

La Maison Blanche a dit ne pas pouvoir confirmer l'authenticité de l'enregistrement dans l'immédiat, mais des sources à Washington jugent qu'il est probablement authentique. Les Etats-Unis et le Premier ministre britannique David Cameron ont cependant jugé cette vidéo "écoeurante".

Le président français François Hollande a condamné "avec horreur, si elle était confirmée, l'exécution abominable d'un Américain", dans un communiqué publié par la présidence. "Cet acte barbare (...) révèle la nature ignoble" de l'Etat islamique.

"Nous devons agir"

Après cette nouvelle vidéo macabre, des parlementaires américains ont réclamé mardi au président Barack Obama la mise en place urgente d'un plan pour vaincre l'Etat islamique en Syrie et en Irak. "Nous ne pouvons pas tergiverser", a ajouté le démocrate Eliot Engel. "Nous devons agir, et nous devons agir vite".

Barack Obama est critiqué à la fois par des membres de son camp démocrate et par des républicains pour avoir dit la semaine dernière que les Etats-Unis n'avaient "pas encore de stratégie" contre l'EI.

Nouveaux succès

Par ailleurs, sur le terrain, après avoir déjà reconquis mi-août le barrage de Mossoul (nord), l'armée, les combattants kurdes et les miliciens chiites ont remporté ces derniers jours de nouveaux succès face aux extrémistes sunnites de l'EI.

Mardi, ils ont poursuivi leur contre-offensive, en reprenant le contrôle de certains secteurs d'une autoroute stratégique reliant le nord du pays à Bagdad, selon le général Abdelamir al-Zaidi. Fermée depuis près de trois mois, l'autoroute sera rouverte après avoir été nettoyée d'éventuels obstacles et mines placés par les jihadistes.

Zone désertique

Le début de l'offensive des jihadistes, le 9 juin, avait été marqué par la déroute des forces de sécurité. Quelque 1700 soldats s'étaient alors rendus aux insurgés, qui s'étaient emparés en quelques jours de vastes pans de territoires dans le nord du pays.

L'EI avait par la suite publié des photos semblant montrer l'exécution de dizaines d'hommes en civil dans une zone désertique, affirmant en avoir tué des centaines au total.

Ban Ki-moon indigné

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit "indigné" mercredi par l'apparente exécution d'un deuxième journaliste américain. "Nous sommes tous indignés par les informations en provenance d'Irak concernant les meurtres terribles de civils" par l'Etat islamique, a-t-il dit.