Syrie: la proposition russe saluée par Obama

La proposition russe de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international a eu l'heur de plaire à Barack Obama. Le président américain a évoqué une possible "percée".

10 sept. 2013, 06:55
Barack Obama a salué lundi soir la proposition russe de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international.

Barack Obama a salué lundi soir la proposition russe de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international. Cette offre "pourrait constituer une percée importante", a-t-il estimé, alors que le Sénat a reporté un premier vote prévu mercredi sur un recours à la force en Syrie.

Dans une série de six interviews télévisées diffusées lundi soir, le président américain a déclaré qu'un éventuel effort diplomatique devait être sérieux. "Nous ne voulons pas simplement des manoeuvres dilatoires pour écarter la pression que nous avons (...) actuellement", a-t-il dit.

"Nous devons maintenir cette pression et c'est pourquoi je vais m'adresser au pays demain pour dire pourquoi je pense que ceci est aussi important", a ajouté le président américain, qui doit s'adresser à la nation mardi soir à 21h00 (03h00 mercredi en Suisse).

Situation difficile

M. Obama a estimé que les dernières avancées étaient le résultat direct des menaces de frappes américaines. "Il aurait été improbable de parvenir à ce point (...) sans une menace militaire digne de foi pour traiter la question du recours à des armes chimiques en Syrie", a-t-il dit.

Le locataire de la Maison blanche a par ailleurs reconnu qu'il était dans une situation difficile face au Congrès à qui il a demandé un feu vert pour une opération militaire et qu'il n'a pas encore pris sa décision quant à mener malgré tout des frappes militaires en Syrie si le Congrès votait non à sa proposition.

Vote de procédure reporté

M. Obama a en outre affirmé que le calendrier parlementaire serait retardé. "Je ne m'attends pas à voir une succession de votes cette semaine ou dans l'avenir immédiat", a-t-il dit. "Nous allons avoir du temps (...) pour que la communauté internationale, les Russes et les Syriens travaillent avec nous et disent qu'il y a une façon de résoudre cela".

Et, de fait, le vote de procédure prévu mercredi au Sénat sur le recours à la force en Syrie a été reporté à une date indéterminée, a annoncé lundi le chef de la majorité démocrate Harry Reid après la proposition russe. "Je ne pense pas que nous ayons besoin" de voter rapidement, a-t-il dit.

Deux importants sénateurs républicains, John McCain et Lindsey Graham, ont de leur côté estimé que la possibilité de voir le président syrien Bachar al Assad renoncer au contrôle de ses armes chimiques était de nature à faciliter un vote positif du Congrès sur le recours à des frappes militaires ciblées.

Un "oui" donnerait à la Maison blanche plus de latitude pour inciter Moscou et Damas à mener à bien la proposition de retirer à Bachar al Assad le contrôle des armes chimiques, ont-ils estimé, en exhortant l'administration Obama à présenter immédiatement au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution précisant en "termes clairs et détaillés" ce que la communauté internationale doit attendre de Damas.

Accueil favorable

Considéré comme l'un des plus importants du monde, l'arsenal chimique syrien est estimé à "plus de 1000 tonnes" par les services de renseignement français. Sa neutralisation, si elle était actée, pourrait s'avérer extrêmement délicate sur le terrain, en plein milieu d'une guerre civile qui a déjà fait plus de 100'000 morts.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait créé la surprise lundi en annonçant avoir proposé aux Syriens de placer leur stock d'armes chimiques sous contrôle international et de le détruire. Damas a immédiatement "accueilli favorablement" cette proposition, tout en se gardant d'être plus explicite sur le fond.

Quelques heures plus tôt, le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait évoqué à Londres l'hypothèse selon laquelle M. Assad pourrait "restituer l'intégralité de son arsenal chimique à la communauté internationale". Son porte-parole avait cependant pris soin de préciser peu après que cette remarque purement "rhétorique" ne constituait pas une offre de négociation faite à Damas.