Syrie: l'Etat islamique a attaqué le poste-frontière entre Kobané et la Turquie

La menace de l'Etat islamique se rapproche de la Turquie. Samedi, pour la première fois, les djihadistes ont attaqué le poste-frontière entre Kobané et la Turquie. Les forces kurdes ont riposté.

29 nov. 2014, 16:43
Voilà l'état du poste-frontière entre Kobané et la Turquie après les violents affrontements du jour.

De violents combats opposaient samedi pour la première fois l'Etat islamique (EI) aux forces kurdes au poste-frontière entre la ville syrienne de Kobané et la Turquie, selon une ONG et un responsable turc. La Turquie a confirmé une attaque à la voiture piégée à Mursitpinar, en face de Kobané, mais selon elle le véhicule ne venait pas de son territoire.

"Les affrontements ont éclaté dans la zone après deux attaques djihadistes à l'aube au poste-frontière séparant la Turquie de Kobané", a indiqué Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition syrienne.

Un djihadiste a mené une attaque à la voiture piégée et l'autre avec une ceinture explosive, selon l'ONG. De violents heurts ont alors éclaté avec les YPG, les Unités de protection du peuple kurde, une milice qui défend la troisième ville kurde de Syrie, dont les djihadistes tentent de prendre le contrôle depuis plus de deux mois.

Selon des médias kurdes, le véhicule en cause provenait du côté turc.

"L'EI a mené des attaques à une vingtaine de mètres du poste-frontière (côté syrien)", a indiqué de son côté un responsable turc local. "Deux explosions ont été entendues, il pourrait s'agir d'une attaque-suicide ou d'une attaque à la bombe", a-t-il ajouté.

 

Ankara confirme

L'état-major de l'armée turque a confirmé cette attaque dans une déclaration citée par les médias. "Le poste-frontière de Mursitpinar a été attaqué par l'EI", a-t-il déclaré. Mais selon lui, "les allégations selon lesquelles le véhicule est passé par la Turquie sont des mensonges. Aucune autorité (turque) ne dispose d'élément permettant d'aller dans ce sens", ont poursuivi les militaires turcs.

Dans un autre communiqué, le bureau du Premier ministre turc a également qualifié de "mensonge grossier" ces allégations.