Syrie: à bout de patience, Washington suspend les discussions avec Moscou

La trêve prévue par l'accord américano-russe du 9 septembre ayant volé en éclats, Washington a suspendu lundi ses discussions avec la Russie.
03 oct. 2016, 20:06
Les bombardements du gouvernement syrien et des Russes se poursuivent notamment sur Alep, ce que n'accepte pas Washington.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils suspendaient leurs pourparlers avec la Russie sur un cessez-le-feu en Syrie. Cette décision fait suite à la destruction totale du plus grand hôpital du secteur rebelle d'Alep dans un bombardement aérien.

Le régime syrien mène depuis onze jours, avec l'aide de la Russie, une vaste offensive pour reprendre cette partie d'Alep. Des bombardements massifs ont suscité l'indignation des pays occidentaux.

"Tout le monde est à bout de patience avec la Russie", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest. "Il n'y a plus rien dont les Etats-Unis et la Russie puissent parler" à propos de la Syrie, a-t-il ajouté. Moscou a assuré peu après "regretter" la décision de Washington.

Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé qu'ils avaient procédé lundi à une frappe aérienne près d'Idleb (nord-ouest) visant un responsable "important" d'Al-Qaïda en Syrie. Washington est accusé par Moscou de chercher à protéger l'ancienne branche d'Al-Qaïda en Syrie, l'organisation djihadiste Front Fateh al-Cham (ex-Front Al-Nosra).

Le Pentagone n'a pas précisé s'il avait été tué et n'a pas dévoilé son identité. La mort d'Ahmed Salama Mabrouk, un Egyptien plus connu sous son nom de guerre Abou Faraj, est annoncée sur les réseaux sociaux.

"L'enfer sur terre"

Malgré la suspension de leurs tractations sur la Syrie, les Etats-Unis et la Russie vont continuer à échanger des informations à travers le mécanisme de "deconfliction" qui vise à éviter un incident entre leurs avions au-dessus de la Syrie, selon le département d'Etat et le Pentagone.

Dans le secteur rebelle de la ville septentrionale d'Alep, décrit comme "l'enfer sur Terre" par l'ONU qui évoque "la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue en Syrie", le plus grand hôpital a été complètement détruit lundi par des raids. Moscou s'est félicité de la "grande efficacité" de ses frappes, démentant tout bombardement d'hôpital ou d'école malgré les accusations des Occidentaux.

"L'hôpital a été visé directement par des raids aériens", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). D'après une ONG médicale qui soutient l'hôpital, le bombardement a fait trois morts parmi les employés de maintenance de l'hôpital.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) n'est pas en mesure de confirmer s'il s'agit d'avions du régime ou de son allié russe.