Spectacles annulés à la Comédie française et à l'Odéon avec la protestation d'intermittents du spectacle

Pas contents les intermittents français du spectacle. Pour manifester leur désarroi face à une assurance chômage qualifiée d'inacceptable, ils ont occupé mardi la Comédie française et l'Odéon. Conséquence: des spectacles annulés.

27 avr. 2016, 08:28
La Comédie française occupée par des intermittents du spectacle en colère.

Des représentations ont été annulées mardi à la prestigieuse Comédie française et à l'Odéon à Paris. Les deux théâtres publics sont occupés par des salariés du monde du spectacle en pleine négociation sur leur régime spécifique d'assurance chômage. Mardi soir, une cinquantaine de personnes, ont envahi la Comédie Française. Parmi elles figuraient des intermittents du spectacle soutenus par des étudiants et des participants au mouvement citoyen "Nuit Debout" lancé fin mars contre la réforme du droit du travail.

Un peu plus tôt, c'est une représentation de "Phèdre(s)" avec Isabelle Huppert qui avait été annulée au Théâtre de l'Odéon, dont la terrasse, au premier étage, est occupée depuis dimanche soir. Lundi soir, les intermittents rassemblés sur la place devant le théâtre en avaient été chassés par la police, au prix de quelques échauffourées et de jets de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre. A Strasbourg, le Théâtre national est quant à lui occupé depuis mardi soir.

 

 

Proposition contestée

Les artistes et techniciens du spectacle entendent peser sur les négociations en cours visant à réformer leur régime particulier d'assurance chômage. Après l'échec lundi soir des discussions, la Coordination des Intermittents et précaires (CIP) a fait part mardi après-midi de sa détermination à poursuivre l'occupation de l'Odéon, jusqu'à la reprise des discussions mercredi, à la veille d'une nouvelle journée nationale de mobilisation contre la réforme du droit du travail.

Le régime spécifique de ces salariés a été maintes fois critiquées pour son coût. Le déficit de ce régime d'assurance chômage atteint environ un milliard d'euros chaque année, soit environ un quart du déficit général. Un "cadrage" financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par certains syndicats, impose un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l'Etat en compense une partie, à hauteur de 80 millions. Des conditions jugées "inacceptables" par le syndicat CGT et la CIP, qui font planer la menace de perturber les prochains festivals d'été.