Somalie: le dirigeant kényan des shebab était visé par le raid américain

C'est le dirigeant kényan d'origine somalienne des islamistes shebab qui était visé dans le raid américain perpétré samedi en Somalie. Selon plusieurs médias, Abdulkadir Mohamed Abdulkadir dit "Ikrima" serait mort.
08 oct. 2013, 06:53
Le raid américain mené samedi en Somalie visait un dirigeant kényan d'origine somalienne des islamistes shebab. Abdulkadir Mohamed Abdulkadir, surnommé "Ikrima", serait mort. Les Américain avaient auparavant effectué un autre raid en Libye. Il leur a permis de capturer le terroriste Abou Anas al-Liby.

Le raid américain mené samedi en Somalie visait un dirigeant kényan d'origine somalienne des islamistes shebab, a précisé lundi un haut responsable américain. Il s'agit de Abdulkadir Mohamed Abdulkadir, surnommé "Ikrima", "commandant des combattants étrangers pour les shebab en Somalie". Plusieurs médias ont confirmé sa mort.

"L'opération ne s'est pas soldée par la capture d'Ikrima", s'est toutefois contenté de déclarer le porte-parole du Pentagone, George Little. Selon certains médias, Abdulkadir Mohamed Abdulkadir a été tué. Mais les soldats d'élite américains ont dû quitter les lieux avant de pouvoir confirmer son décès.

"Les soldats américains ont conduit cette opération avec une précision sans égale et ont démontré que les Etats-Unis pouvaient appliquer une pression directe sur les dirigeants des shebab à tout moment", a ajouté M. Little.

Un des membres dirigeants des shebab, Moalim Abdirahman Abu-Isa, a de son côté confirmé qu'un de ses combattants avait bien été tué, mais sans préciser son identité. Il a aussi affirmé que plusieurs soldats américains avaient été blessés lors de l'assaut: "trois combattants moujahidine, dont un frère non somalien, se trouvaient dans la maison quand elle a été attaquée (...) Ils ont touché plusieurs ennemis et un des moujahidine" a été tué, a-t-il dit.

Quelqu'un qui n'existait pas

"Ikrima" était associé "avec les militants d'Al-Qaïda Harun Fazul et Saleh Nabhan, aujourd'hui décédés, qui ont joué des rôles dans l'attentat à la bombe contre l'ambassade américaine à Nairobi en 1998 et les attaques de Mombasa, au Kenya, en 2002", a précisé le haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

Washington avait auparavant déclaré s'en être pris à un "terroriste shebab connu", lors du raid de samedi dans le port somalien de Barawe, à quelque 180 km au sud de la capitale Mogadiscio, mais sans donner le résultat de cette opération.

Le porte-parole des shebab, Abdulaziz Abu Musab, a toutefois contesté auprès de l'AFP les informations du responsable américain. Il a assuré qu'il "n'y avait pas de combattants étrangers ou de commandants à Barawe quand ils ont attaqué", et que les Américains "cherchaient quelqu'un qui n'existait pas".

Ce raid était le plus important mené par les Etats-Unis en Somalie depuis celui de 2009 lors duquel Saleh Nabhan avait été tué.

Enquêteurs spécialisés

Concernant l'autre raid perpétré par les Etats-Unis ce week-end en Libye, Washington a indiqué lundi détenir Abou Anas al-Liby à bord d'un bâtiment de guerre, le San Antonio, où ce responsable présumé d'Al-Qaïda est interrogé par une équipe d'enquêteurs spécialisés, ont déclaré des responsables américains.

De son vrai nom Nazih al-Ragye, Abou Anas al-Liby a été capturé samedi matin à Tripoli par un commando des forces spéciales américaines. Il est interrogé par le High Value Detainee Interrogation Group, une unité créée en 2009 pour interroger des suspects de terrorisme afin de déjouer de futurs attentats.

Il était recherché par le FBI. Al-Liby avait été inculpé en 2000 avec vingt autres responsables présumés d'Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden et l'actuel chef du réseau islamiste, Ayman al Zaouahri.

Son inculpation a été enregistrée à New York, ce qui pourrait rendre possible la tenue d'un procès civil et non militaire. L'administration américaine n'a pas encore dévoilé ses plans. La Libye a d'ores et déjà condamné cet "enlèvement" sur son territoire.