Seize policiers brésiliens sont soupçonnés de racket sur les trafiquants arrêtés

Un commandant de la police militaire de Rio de Janeiro au Brésil et ses quinze subordonnés ont été arrêtés jeudi. Ils auraient enlevé des trafiquants de drogue avant de les relâcher contre de juteux pots-de-vin.
07 août 2015, 14:19
Seize policiers militaires de Rio de Janeiro, au Brésil, dont leur commandant, ont été arrêtés jeudi pour enlèvement de trafiquants de drogue.

Seize policiers militaires de Rio de Janeiro, au Brésil, dont leur commandant, ont été arrêtés jeudi pour enlèvement de trafiquants de drogue. Ils les relâchaient après avoir touché de juteux pots-de-vin, a indiqué jeudi le secrétariat à la sécurité de l'Etat.

Trente-deux perquisitions ont également été menées dans le cadre d'une opération policière dénommée "Aves de rapina", précise le secrétariat d'Etat dans un communiqué.

Les policiers ont notamment exigé le 16 mai 300'000 réals (près de 120'000 francs) pour libérer deux chefs mafieux, impliqués dans le trafic de drogue, capturés dans les zones nord et ouest de Rio, selon les enquêtes de la police et du parquet. Ces exactions ont été filmées par des caméras de sécurité du quartier.

Les policiers ont aussi volé les montres et chaînes en or des trafiquants et leur ont vendu des armes pour 140'000 réals.

Ressentiment très vif

Selon le secrétariat à la sécurité, les policiers ont des liens solides avec Fernando Gomes de Freitas, connu comme Fernandinho Guarabu, chef de la faction du crime organisé "troisième commando pur (TCP)".

Le gouvernement de Rio de Janeiro, ville qui sera l'hôte des jeux Olympiques de 2016, a déployé depuis 2008 39 unités de police de proximité dans 253 favelas où vivent plus de 1,5 million de personnes, selon les autorités.

Mais le ressentiment envers la police est très vif dans nombre de ces favelas "pacifiées" (où les trafiquants ont été expulsés), mais où surviennent souvent des bavures policières et des actes de corruption policière.

Un rapport de Human Rights Watch (HRW), diffusé fin juillet, recense notamment 64 cas de torture pratiqués par des policiers depuis 2010 dans tout le pays.