Rwanda: le président Paul Kagame s'en prend à la France

20 ans après le génocide au Rwanda, les plaies sont encore vives, y compris au niveau diplomatique. La France, déjà écartées des commémorations officielles par le gouvernement rwandais, a été pointée du doigt par le président Paul Kagame.
07 avr. 2014, 16:28
Le président rwandais Paul Kagame s'en est pris à la France dans son discours, avant d'allumer une flamme commémorative avec Ban Ki-moon.

Le président rwandais Paul Kagame s'en est pris lundi de façon à peine voilée à la France sur son rôle toujours controversé durant le génocide de 1994. Il a également dénoncé les critiques occidentales sur l'autoritarisme supposé de son gouvernement.

"Les gens ne peuvent être soudoyés ou forcés de changer leur histoire. Aucun pays n'est assez puissant - même s'il pense l'être - pour changer les faits", a dit en anglais le président rwandais lors des cérémonies de commémorations du génocide. "Après tout, les faits sont têtus", a-t-il ajouté en français, déclenchant les acclamations des 30'000 spectateurs rassemblés au Stade Amaharo de Kigali.

Il avait auparavant estimé qu'il n'existe "aucune justification à établir des parallèles soi-disant moraux. Le temps écoulé ne doit pas occulter les faits, amoindrir les responsabilités ou transformer les victimes en méchants", avait-il déclaré, faisant apparemment référence aux sévères critiques émises même par ses plus proches alliés, Etats-Unis en tête.

Ce week-end, M. Kagame avait accusé la France d'avoir pris une part active au génocide. En 1994, Paris était alliée du régime Habyarimana et son rôle reste controversé dans les massacres qui ont fait 800'000 morts en une centaine de jours.

"Un passé révolu"

Kigali a longtemps bénéficié sur le plan diplomatique du sentiment de culpabilité de la communauté internationale, restée inerte face aux massacres. Mais les autorités rwandaises ont récemment été accusées par l'ONU et Washington de déstabiliser l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et d'être impliquées dans des tentatives de meurtre de dissidents rwandais en Afrique du Sud.

"Ceux qui pensent que le Rwanda ou l'Afrique ont encore besoin de leur approbation pour être gouvernés comme il se doit par leurs peuples, par les dirigeants que leurs peuples ont choisis, vivent toujours dans un passé révolu", a-t-il lancé, répondant apparemment aux critiques sur l'autoritarisme supposé de son gouvernement.