Russie: l’explosion qui a fait 5 morts jeudi dernier causée par des tests de «nouveaux armements» nucléaires

Jeudi dernier, une explosion avait fait cinq morts en Russie. L’accident a été causé par le test du «Bourevestnik», un nouveau missile nucléaire.

12 août 2019, 21:45
L'accident survenu jeudi dernier en Russie pourrait être lié aux tests du missile "Bourevestnik".

Quatre jours après l’explosion à caractère nucléaire ayant fait au moins cinq morts sur une base du Grand Nord, les autorités russes ont reconnu lundi que l’accident était lié aux tests de «nouveaux armements». Elles ont promis de les mener «jusqu’au bout».

Des experts américains ont estimé que l’accident pourrait être lié aux tests du missile de croisière «Bourevestnik», l’une des nouvelles armes «invincibles» vantées par Vladimir Poutine en début d’année.

Sans être aussi précise, l’agence nucléaire russe a assuré lundi, en célébrant la mémoire des cinq membres de son personnel tués, vouloir «continuer le travail sur les nouveaux types d’armes, qui sera dans tous les cas poursuivi jusqu’au bout».

«La sécurité de notre patrie sera entièrement assurée», a ajouté le patron de Rosatom, Alexeï Likhatchev, cité par les agences de presse russes.

 

 

Mort de deux «spécialistes»

L’armée avait auparavant annoncé la mort de deux «spécialistes», sans que l’on sache s’ils sont inclus dans les cinq morts évoqués par l’agence nucléaire russe. Trois autres personnes ont été blessées dans l’accident survenu jeudi, victimes de brûlures, selon Rosatom.

D’après l’agence nucléaire, ses spécialistes fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour «la source d’énergie isotopique» du moteur du missile à l’origine de l’explosion, qui s’est produite sur une «plate-forme maritime» et a jeté plusieurs employés à la mer.

Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un «moteur-fusée à ergols liquides», mais n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire.

 

 

Missiles «invincibles»

Le président russe avait fait sensation l’année dernière puis début 2019 en présentant la nouvelle génération de missiles développés par son pays, «invincibles», «indétectables» ou «hypersoniques». Il a menacé de déployer ces nouvelles armes pour viser les «centres de décision» dans les pays occidentaux.

Des experts ont lié l’accident de jeudi aux tests de l’une de ces nouvelles armes: le «Bourevestnik» («oiseau de tempête» en russe), missile à propulsion nucléaire dévoilé en grande pompe par Vladimir Poutine en février, mais pas encore au point selon les spécialistes. D’une «portée illimitée» selon le président, il serait capable de surmonter quasiment tous les systèmes d’interception.