Russie: cinq militants de Greenpeace inculpés de piraterie

Cinq des 30 militants de Greenpeace arrêtés en Russie après leur action contre une plate-forme pétrolière de l'Arctique ont été inculpés de "piraterie". Ce crime est passible d'une peine allant jusqu'à 15 ans de prison.

02 oct. 2013, 11:40
Le navire "Arctic Sunrise" a été intercepté par les autorités russes.

La justice russe a inculpé mercredi pour "piraterie en bande organisée" cinq des trente militants de Greenpeace arrêtés la semaine passée. Ils risquent de dix à quinze ans de prison pour s'en être pris à une plate-forme pétrolière dans l'Arctique. Le militant suisse de Greenpeace n'est pour l'heure pas concerné par ces inculpations.

L'ONG a l'intention de porter plainte contre les "actions illégales des enquêteurs et des organes judiciaires". Selon Greenpeace, plusieurs irrégularités ont été commises, notamment lors de l'arrestation des militants.

Les cinq inculpés sont un vidéaste britannique, une Brésilienne, une Finlandaise, un Russe et un Suédo-Américain d'origine russe. "Les inculpations de piraterie ne sont pas fondées et ne s'appuient sur aucune preuve", a déclaré Irina Issakova, avocate, citée dans un communiqué de l'ONG. "C'est une accusation extrême et disproportionnée", a estimé pour sa part le directeur exécutif international de Greenpeace, Kumi Naidoo.

Ce dernier a aussi estimé qu'il s'agissait de la "menace la plus sérieuse" contre l'activité "pacifique" de l'association depuis l'épisode du Rainbow Warrior, coulé en 1985 dans le port d'Auckland (Nouvelle-Zélande) par les services secrets français. Le navire faisait alors campagne contre les essais nucléaires menés en Polynésie.

Navire arraisonné

L'équipage de l'Arctic Sunrise, qui compte un jeune Suisse de 28 ans, a été placé en détention à Mourmansk (nord-ouest) et dans sa région. Le brise-glace a été arraisonné le 19 septembre en mer de Barents (Arctique russe) par un commando héliporté des gardes-côtes russes.

Auparavant, plusieurs militants de Greenpeace avaient tenté d'escalader une plateforme pétrolière du géant russe Gazprom pour en dénoncer le risque écologique. Le Comité d'enquête russe avait alors indiqué avoir ouvert une enquête pour piraterie.

Droit enfreint

Les militants ont nié ces accusations, et accusé la Russie d'avoir pris illégalement d'assaut leur bateau dans les eaux internationales.

Le président russe Vladimir Poutine a reconnu que les militants "n'étaient pas des pirates" mais a souligné qu'ils avaient "enfreint le droit international". Après ces déclarations, le comité d'enquête avait indiqué que les accusations pourraient être réduites pendant l'enquête.

Action à Bâle

En signe de protestation, des militants de Greenpeace ont perturbé mardi soir le début de la rencontre de football entre le FC Bâle et le club allemand de Schalke 04, dont le sponsor est précisément le géant gazier russe Gazprom.

Dix-sept militants de Greenpeace ont été arrêtés par la police bâloise après avoir déployé à mi-hauteur du stade une grande banderole jaune sur laquelle était écrit en gros "Dont foul the Artict" (N'habîmez pas l'Arctique", ndlr).