Rubygate: pas de suspension du procès pour Berlusconi

Dans l'affaire d'incitation de à la prostitution de mineure qui oppose le tribunal de Milan à Silvio Berlusconi, la cour a refusé de suspendre le procès jusqu'au-delà des législatives italiennes. Un revers de plus pour le "Cavaliere."

14 janv. 2013, 16:15
Silvio Berlusconi a déclaré que sa condamnation réclamait "la vengeance devant Dieu" ce dimanche 16 décembre sur une chaîne de télévision qui lui appartient.

Un tribunal de Milan a refusé lundi de suspendre jusqu'au-delà des législatives italiennes des 24 et 25 février le procès de Silvio Berlusconi pour incitation à la prostitution de mineure. L'ex-chef du gouvernement italien arguait qu'un procès risquait de perturber sa campagne électorale.

Le président du Peuple de la Liberté (PDL, centre-droit) est accusé d'avoir incité Karima el Mahroug, surnommée Ruby, à des relations sexuelles tarifées alors qu'elle était encore mineure. Il encourt trois ans de prison pour prostitution de mineure et douze ans pour abus de pouvoir.

Ruby, désormais âgée de 20 ans, devait témoigner ce lundi. Mais, après un accord entre l'accusation et la défense, elle ne sera pas entendue. Le tribunal s'appuiera sur les procès-verbaux de ses déclarations aux enquêteurs.

"Gigantesque opération de diffamation"

M. Berlusconi est jugé depuis avril 2011 à Milan pour prostitution de mineure et abus de pouvoir: il est accusé d'avoir rémunéré des prestations sexuelles de la jeune Marocaine dite Ruby et de l'avoir fait libérer en exerçant des pressions sur la police qui l'avait interpellée pour un larcin en mai 2010.

Tous deux nient avoir eu des relations sexuelles. M. Berlusconi, 76 ans, se dit victime d'une "gigantesque opération de diffamation". Il reconnait avoir donné de l'argent à Ruby, mais afin de lui permettre d'ouvrir un institut esthétique et éviter qu'elle se prostitue.

Alors que les médias ont fait leur choux gras de certains récits sur les chaudes soirées "bunga-bunga" en 2010 - jeux sexuels et danseuses nues -, le magnat des médias a affirmé que ces fêtes n'avaient "rien d'illégal" et étaient des soirées "élégantes". Il s'en est toutefois excusé, les justifiant par sa solitude après son divorce ainsi que la perte de sa mère et de sa soeur.