Ratko Mladic qualifie le tribunal de La Haye de "satanique"

Cité comme témoin au procès de son compagnon d'armes Radovan Karadzic, Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, qualifie le tribunal pénal international de La Haye de "satanique". Son propre procès interviendra après celui de Karadzic, les deux hommes ayant été arrêtés à 3 ans d'intervalle.

28 janv. 2014, 11:24
Arrêté en 2011, Ratko Mladic est pour l'heure cité comme témoin au procès de son ancien chef politique, Radovan Karadzic. Ils sont tous deux accusés de nettoyage ethnique.

L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic a qualifié le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de "satanique" mardi. Il s'exprimait au moment où il était appelé à témoigner au procès de son alter ego politique Radovan Karadzic.

"C'est un tribunal satanique", a-t-il dit lors d'une audience publique à La Haye : "je ne reconnais pas ce tribunal de la haine", a martelé Ratko Mladic avant de finalement prêter serment, à contre-coeur et sous la menace de poursuites pour outrage au tribunal. Il a ensuite obtenu une interruption de 20 minutes de l'audience : "la sécurité pourrait-elle m'apporter mes dents, qui sont dans ma cellule, afin que je puisse mieux parler", a-t-il déclaré, déclenchant des rires dans la galerie du public.

Citation à comparaïtre

Accusé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, Radovan Karadzic souhaite que Ratko Mladic, accusé des mêmes crimes dans un procès séparé, témoigne en sa faveur. Il ne souhaitant pas témoigner, une citation à comparaître avait été nécessaire. Son avocat a tenté une dernière fois mardi matin de convaincre les juges de ne pas autoriser le témoignage de son client, invoquant sa santé. "Nous pensons que M. Mladic n'est pas en état de témoigner", a-t-il dit, assurant que son client souffre de troubles de la mémoire et ne peut pas distinguer "la vérité de la fiction": "il invente des choses et pense qu'il s'agit de la vérité".

Massacre de Srebrenica

Karadzic et Mladic, 68 et 71 ans, sont accusés d'avoir orchestré le nettoyage ethnique de la Bosnie lors d'une guerre qui a fait 100'000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Ils sont notamment accusés du massacre de Srebrenica, lors duquel les forces serbes de Bosnie ont tué près de 8000 hommes et garçons musulmans.

Karadzic, le chef politique des Serbes de Bosnie, et Mladic, le chef militaire, auraient pu être jugés ensemble si leurs arrestations avaient été plus proches dans le temps l'une de l'autre, car ils sont accusés des mêmes crimes. Le premier avait été interpellé en juillet 2008 alors que le second l'avait été en mai 2011.