Qui est Hassan Rohani?

Hassan Rohani est le nouveau président iranien. Religieux modéré, partisan de plus de souplesse dans la relation avec l'Occident, afin de mettre fin aux sanctions qui ont plongé son pays dans une crise économique. Ancien négociateur en chef sur le nucléaire, il ne représente toutefois pas une véritable rupture avec l'actuelle ligne conservatrice, tenue depuis huit ans par Mahmoud Ahmadinejad.

15 juin 2013, 18:58
L'homme à la tête de l'Iran depuis le 15 juin 2013 : Hassan Rohani.

Agé de 64 ans, Hassan Rohani est connu pour la très grande modération de son discours. Il est un proche de l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani (modéré), qui a appelé, tout comme son successeur Mohammad Khatami (réformateur), à voter pour lui.

En quelques jours, cette «union sacrée» a mobilisé une grande partie de l'électorat modéré qui voulait boycotter le scrutin après la répression des manifestations ayant suivi la présidentielle de 2009. M. Rohani a été vice-président du Parlement et chef des négociateurs nucléaires entre 2003 et 2005. C'est à cette période qu'il a gagné son surnom de «cheikh diplomate».

En 2003, lors de négociations avec Paris, Londres et Berlin, il avait accepté la suspension de l'enrichissement d'uranium par l'Iran et l'application du protocole additionnel au Traité de non-prolifération (TNP), permettant des inspections inopinées des installations nucléaires iraniennes.

Plus de souplesse

Cette décision lui avait fait gagner le respect des Occidentaux. Cependant, les conservateurs l'ont accusé d'avoir été «sous le charme de la cravate et de l'eau de toilette de Jack Straw», alors ministre britannique des Affaires étrangères.

Durant la campagne électorale, M. Rohani a répété qu'il était partisan d'une plus grande souplesse pour mettre fin aux sanctions occidentales liées au programme nucléaire controversé de l'Iran.

Détracteur de son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, à qui il a reproché de s'attirer inutilement l'hostilité de la communauté internationale, ce sexagénaire a choisi pour symbole une clé, qui ouvre selon lui la porte des solutions aux problèmes. M. Rohani n'a pas non plus écarté, «même si cela sera difficile» selon lui, des discussions directes avec les Etats-Unis.

Approche «naïve» 

«Même si la campagne de Rohani parvient à réveiller une partie de la population, il reste vulnérable face aux attaques véhémentes des conservateurs qui critiquent son approche sur la diplomatie liée au nucléaire, jugée naïve et trop attachée au compromis», a expliqué un membre du centre de réflexion International Crisis Group.

Fervent soutien du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Khomeini, avant même la révolution de 1979, M. Rohani a un long passé de responsable politique.

Député entre 1980 et 2000, il a ensuite été élu membre de l'Assemblée des experts, instance chargée de superviser le travail du guide suprême Ali Khamenei. Il est toujours représentant de l'ayatollah Khamenei au sein du Conseil suprême de la sécurité nationale. Le candidat modéré a aussi occupé des postes militaires élevés, comme le commandement de la défense aérienne, lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Originaire de Sorkhey dans la province de Semnan, M. Rohani est titulaire d'un doctorat de droit de l'Université de Glasgow. Il est marié et a quatre enfants.