Quatre jeunes chiliens condamnés pour le meurtre d'un homosexuel

De sept ans à la perpétuité: ce sont les peines que vont exécuter quatre jeunes chiliens pour avoir torturé et tué un homosexuel en 2012.
29 oct. 2013, 06:46
Le meurtre avait choqué le pays pourtant conservateur sur la question gay. Une loi Zamudio, du nom de la victime, a même vu le jour.

La justice chilienne a condamné lundi à des peines allant de sept ans de prison à la perpétuité quatre jeunes jugés coupables d'avoir battu et torturé à mort en 2012 un homosexuel de 24 ans. Le même jour, une association de défense des homosexuels a annoncé qu'un jeune chilien se trouve dans le coma suite à une agression homophobe.

Patricio Ahumada, considéré comme le chef du groupe, a été condamné à la prison à perpétuité, dont 20 ans incompressibles. Deux autres coupables, Alejandro Angulo et Raul Lopez, ont été condamnés à 15 ans de prison, et le quatrième, Fabian Mora, à sept ans. Les quatre condamnés ont 10 jours pour introduire un recours en annulation.

Les quatre jeunes gens, âgés de 19 à 25 ans à l'époque des faits, avaient été déclarés coupables le 17 octobre d'avoir battu et torturé Daniel Zamudio le 3 mars 2012. Après un calvaire qui avait duré six heures, entre coups violents, lacérations et brûlures de cigarettes, le jeune homosexuel avait succombé à ses blessures 25 jours plus tard.

Sympathisants néonazis

Les agresseurs de Daniel Zamudio avaient été présentés au moment des faits comme des sympathisants néonazis présumés, mais la justice n'a pu déterminer avec certitude leur appartenance à un tel groupe, même s'ils avaient peint des croix gammées sur le corps de la victime.

"Ce sont des peines exemplaires, ils vont moisir en prison!", s'est réjoui le père de la victime devant la presse après l'annonce du verdict. Le crime avait profondément choqué la société chilienne, très majoritairement catholique et conservatrice, mais où le tabou entourant l'homosexualité est progressivement levé.

Quatre mois après le drame, le pays s'était doté d'une loi inédite contre les discriminations, baptisée "Loi Zamudio", établissant pour la première fois dans le droit chilien le concept de "discrimination arbitraire" en raison du sexe, de la religion, de la race ou de la condition sociale. Déposé en 2005, le texte attendait depuis d'être adopté.

Nouvelle agression

Wladimir Sepulveda, 21 ans, a lui aussi été attaqué par quatre hommes dans la localité de San Francisco de Mostazal, dans le centre du Chili, le 20 octobre. Il a reçu des coups de pieds et de poings en raison de son orientation sexuelle, a affirmé le Mouvement d'intégration et de libération homosexuelle (Movilh).

Hospitalisée depuis l'agression, la victime se trouve "dans le coma et dans un état critique", selon le dernier bulletin médical.