Qatar: le ministre des Affaires étrangères appelle ses voisins au dialogue

Le Qatar appel l'Arabie saoudite et ses voisins au dialogue après avoir été mis au ban. La crise diplomatique intervient suite à la déclaration de l'émir du Qatar d'avoir un partenariat stratégique avec l'Iran, Etat que les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite venaient d'accuser de soutien à l'Etat islamique.

06 juin 2017, 08:10
Le ministre des Affaires étrangères qatari a également assuré que les liens avec les Etats-Unis resteront forts.

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, en pleine tourmente diplomatique avec l'Egypte et les monarchies du Golfe, a appelé au dialogue mardi. Il a aussi assuré que ses liens avec les Etats-Unis resteront forts.

Moins de 24 heures après la décision lundi matin de l'Arabie saoudite, de Bahreïn, des Emirats arabes unis (EAU), du Yémen, de l'Egypte et des Maldives de rompre tous leurs liens diplomatiques avec Doha, Mohammed bin Abdul Rahman a appelé "à un dialogue ouvert et honnête" pour résoudre cette crise.

S'exprimant de le cadre d'un discours diffusé par la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, le chef de la diplomatie de l'émirat a insisté sur le fait qu'il n'y aura pas "d'escalade" de la part du Qatar. Le pays est un allié de longue date des Etats-Unis malgré les soupçons de Washington sur la proximité entre Doha et des groupes comme le Hamas palestinien ou la confrérie des Frères musulmans.

 

 

"Notre relation avec les Etats-Unis est stratégique", a insisté Abdul Rahman. "Il y a des choses sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, mais les secteurs dans lesquels nous coopérons sont plus nombreux que ceux dans lesquels nous divergeons", a-t-il ajouté, sans plus de précision.

Le Qatar héberge notamment la plus grande base aérienne américaine dans la région, base cruciale dans le cadre du combat de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique en Syrie et Irak. L'émirat a en outre été désigné comme pays hôte de la Coupe du monde de football 2022.

Soutien au terrorisme

Dans le cadre de cette crise, la plus importante depuis des années, le Qatar a notamment été accusé par ses voisins de soutenir voire financer le terrorisme. Des accusations aussitôt niées par Doha.

Cette crise diplomatique intervient moins d'un mois après la visite du président américain Donald Trump en Arabie saoudite, lors de laquelle il a appelé à un front commun des pays musulmans contre le terrorisme djihadiste.

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Elle fait également suite à des semaines de tension entre Doha et ses voisins, les Qataris ayant notamment parlé d'une campagne médiatique concertée contre l'émirat. Doha a également estimé que son agence de presse nationale avait été piratée.

Le Koweït, également membre du Conseil de coopération du Golfe (CGG), comme l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, les EAU et Oman, est resté silencieux depuis le début de cette crise. Abdul Rahman a précisé dans son discours que le leader du Koweït, Sheikh Sabah, avait demandé à l'émir du Qatar Sheikh Tamim de repousser son discours prévu mardi, afin de tenter d'apaiser les choses.