Pyongyang et Séoul "normalisent" leurs rapports

Les deux Corées ont restauré le "téléphone rouge", moyen de communication reliant le Nord et le Sud. Quant au site industriel nord-coréen de Kaesong, il a été à nouveau ouvert aux hommes d'affaires.

04 juil. 2013, 07:21
Les deux Corées ont repris le dialogue.

La Corée du Nord a répondu mercredi à des demandes de son voisin du sud, a-t-on annoncé de source officielle à Séoul. Elle a restauré le "téléphone rouge" reliant les autorités des deux pays et autorisé le retour des hommes d'affaires sur le site industriel inter-coréen de Kaesong,

La ligne téléphonique d'urgence, qui date de 1971, avait été coupée en mars, au plus fort des tensions sur la péninsule liées aux visées nucléaires de Pyongyang. Elle a été ensuite restaurée puis à nouveau coupée au gré de l'état des relations entre les deux pays.

"La ligne d'urgence a été restaurée cet après-midi après que la Corée du Nord eut accepté notre demande de la remettre en fonction", a indiqué une source officielle au ministère des Affaires étrangères à Séoul.

Dans le même temps, la Corée du Nord a accepté le retour des hommes d'affaires sud-coréens dans le site industriel de Kaesong, situé à 10 km de la frontière en territoire nord-coréen.

L'activité des 123 entreprises sud-coréennes présentes à Kaesong s'était brutalement arrêtée après le retrait le 8 avril par le régime communiste de ses 53'000 employés. Le Sud avait retiré peu après ses cadres ou contremaîtres.

Un Américain demande grâce

Dans le même temps, un Américain d'origine coréenne, condamné aux travaux forcés en Corée du Nord, a demandé aux Etats-Unis d'assurer sa libération anticipée, déclarant qu'il était en mauvaise santé, selon une interview publiée mercredi.

"Je demande de l'aide au gouvernement des Etats-Unis et j'espère qu'il fera davantage d'efforts pour mon retour anticipé", a déclaré le tour-opérateur Kenneth Bae dans un entretien au journal pro-Pyongyang "Chosun Sinbo", publié au Japon. Il a expliqué être en mauvaise santé depuis son incarcération dans une prison spéciale en mai.

Bae, dont le nom coréen est Pae Jun-Ho, a été arrêté en novembre 2012 à son arrivée dans la ville portuaire de Rason, dans le nord-est de la Corée du Nord. Il a été condamné à 15 ans de travaux forcés pour subversion: un tribunal nord-coréen l'avait accusé d'avoir introduit clandestinement du matériel incendiaire dans le pays et de vouloir établir une base subversive à Rason.