PSA va supprimer 8000 postes en France et ferme l'usine d'Aulnay

PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi son intention de supprimer 8000 postes supplémentaires sur ses sites français et de fermer son usine de production d'Aulnay-sous-Bois en 2014.

12 juil. 2012, 08:58
PSA Peugeot Citroen va fermer le site historique d'Aulnay-sous-Bois.

La France voit le plus important plan social se profiler avec inquiétude: PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi l'arrêt de la production dans son usine d'Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014 et la suppression de 8000 emplois en France, provoquant de très vives réactions. Bernard Thibault (CGT) parle de "séisme" et la droite de "côte d'alerte dépassée".

La veille, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait dit redouter "un choc pour la nation". Le premier constructeur automobile français a mis en avant des pertes au premier semestre et une réduction durable des marchés en Europe pour justifier ces décisions radicales en matière d'emploi.
 
PSA prévoit "l'arrêt en 2014 des activités de production à Aulnay, qui emploie 3000 salariés, le recentrage de la production en région parisienne sur Poissy et la revitalisation du site d'Aulnay", indique un communiqué.
 
PSA prévoit de proposer des postes à 1500 salariés en interne et à 1500 salariés dans le bassin d'emploi d'Aulnay "grâce aux actions de reclassement externe". Le site de Rennes (Bretagne) est aussi fortement touché par ce plan de restructuration avec 1400 postes supprimés sur un total de 5600 salariés, selon le communiqué.
 
Enfin, le groupe va également réduire ses effectifs hors production, "ce qui devrait conduire à la diminution de 3600 emplois répartis sur l'ensemble des sites en France".
 
"La guerre est déclarée"
 
Les représentants syndicaux de PSA, à qui sont actuellement présentés ces mesures, ont vivement réagi à ces annonces. "La guerre est déclarée", a estimé Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. Franck Don de la CFTC a qualifié de "dramatiques" ces annonces. "Nous sommes convaincus que la stratégie de montée en gamme va amplifier les pertes d'emplois en France", a-t-il déclaré à l'AFP.
 
La recherche et développement est touchée avec 1400 suppressions de postes. "La baisse des effectifs en R&D est gravissime", selon Franck Don.
 
Sur France Inter, Bernard Thibault a évoqué "un séisme". "Dès lors que Peugeot annonce la suppression de 8 à 10'000 emplois, il faut multiplier par trois, voire quatre, pour mesurer l'impact en terme d'emploi pour l'ensemble du pays", a indiqué M. Thibault, assurant que la CGT allait "réagir".
 
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a jugé que la cote d'alerte (était) dépassée". "Il faut que le gouvernement sache que dans ce domaine, l'opposition au nom (de laquelle) je m'exprime ce matin, sera à ses côtés (du gouvernement) s'il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie".
 
Sous le choc
 
Philippe Varin, le patron de PSA, devait s'exprimer devant la presse dans la matinée. Cité dans le communiqué de PSA, il dit "mesurer pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son "environnement".
 
Mais "l'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe rendent désormais indispensable ce projet de réorganisation qui nous permet de dimensionner notre capacité de production à l'évolution prévisible des marchés", argumente-t-il.
 
Le constructeur, qui a déjà vu son bénéfice net divisé par deux en 2011, a enregistré une perte nette au premier semestre 2012, dont l'ampleur n'est pas précisée.
 
Sa division automobile a connu une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros (840 millions de francs) au premier semestre. Il table à présent sur un recul du marché européen de 8% cette année, contre -5% auparavant, et de -10% en ce qui le concerne.