"Profond soulagement" après la libération des inspecteurs de l'OSCE

La libération samedi des observateurs de l'OSCE retenus en l'Ukraine a été saluée par Didier Burkhalter.

03 mai 2014, 20:20
La conférence de l'OSCE sur l'antiterrorisme s'est achevée mardi à Interlaken (BE), comme prévu sans décision, mais sur un débat sur les conséquences des "combattants étrangers" pour la sécurité intérieure des Etats membres.

Didier Burkhalter, le président de l'Organisation a dit être prêt à faire usage de "contacts haut placés" pour faire appliquer l'accord de Genève alors que Russes et Occidentaux continuent de s'accuser de la dégradation de la situation.

La libération des observateurs "s'est faite sans conditions", a précisé Didier Burkhalter samedi dans l'émission Forum de la Radio Télévision Suisse (RTS). Le Neuchâtelois a insisté sur le fait qu'il y avait volonté "de toutes parts" de trouver une solution à la crise ukrainienne. Dans ce processus, l'OSCE peut être "le bras qui commence à tourner la situation vers le positif", a souligné le chef de la diplomatie suisse.

Les observateurs et leurs accompagnateurs ukrainiens sont restés huit jours prisonniers des rebelles séparatistes pro-russes de Slaviansk, qui les ont présentés tour à tour comme des "prisonniers de guerre" et des "invités" tout en rejetant le terme d'"otages".

Ils semblent devoir leur libération avant tout à l'intervention de l'émissaire russe Vladimir Loukine, qui l'a justifiée par des "motifs humanitaires".

"Profond soulagement"

"Nous sommes heureux, c'est un profond soulagement", a déclaré l'un des sept inspecteurs étrangers, le colonel allemand Axel Schneider, en route pour la capitale régionale de Donetsk, d'où ils devaient regagner l'Europe occidentale dans la soirée.

"On ne nous a pas maltraités, tout s'est bien passé", a déclaré à la presse le colonel d'état-major ukrainien Igor Tourovski, ajoutant que les Ukrainiens étaient traités de la même manière que les Européens.

"Humanisme" salué

Saluée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et par plusieurs capitales européennes, la libération des observateurs de l'OSCE a été accueillie avec grande satisfaction par le secrétaire d'Etat américain John Kerry qui a appelé à "d'autres avancées" de la part de la Russie pour pouvoir faire baisser la tension" dans le pays.

De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé qu'elle traduisait "le courage et l'humanisme des défenseurs de la ville. Ils ont montré avant tout qu'ils se préoccupaient de la sécurité des ressortissants étrangers".

La guerre "à son propre peuple"

Accusé par le secrétaire général de l'Otan, le Danois Anders Fogh Rasmussen, d'être sur le point de commettre une "erreur historique" en continuant de déstabiliser l'Ukraine, Moscou a répliqué en estimant par la voix du chef de sa diplomatie Sergueï Lavrov que "le régime de Kiev" avait "déclaré la guerre à son propre peuple".

Les Etats-Unis doivent "utiliser toute leur influence pour l'obliger à cesser immédiatement ses opérations militaires dans les régions du Sud-Est, à replier (ses forces) et à libérer tous les participants aux manifestations", selon lui.

Les violences continuent

Et en Ukraine, dans les villes de Slaviansk et Kramatorsk, les affrontements se poursuivaient samedi après le début d'une "opération antiterroriste" de l'armée qui a mené à la mort de cinq soldats ukrainiens et de trois rebelles tués ainsi que deux civils, selon le dernier bilan de vendredi.

Samedi, les journalistes de l'AFP ont assisté à l'attaque d'un check-point rebelle par une colonne de blindés près de Slaviansk. Un homme a été tué au cours de l'échange de tirs.

A Kramatorsk, le siège des services de sécurité (SBU) a été repris par les forces régulières, a indiqué le gouvernement. L'armée avait déjà repris le matin même le contrôle de la tour de télévision.

Enquête sur Odessa exigée

Enfin, la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé une enquête indépendante afin d'identifier les responsables des violences dans la ville portuaire méridionale d'Odessa. Au moins une cinquantaine de personnes y sont mortes vendredi, dont 42 dans un incendie et dans de violents affrontements entre pro-russes et pro-unité de l'Ukraine.

Le président ukrainien Olexandre Tourtchinov a décrété un deuil national de deux jours (samedi et dimanche) et une foule d'environ 2000 à 3000 personnes, en majorité des militants pro-russes, s'est rassemblée samedi pour prier, chanter et déposer des fleurs devant le bâtiment brûlé, gardé par plusieurs centaines de policiers en tenue anti-émeute.